Quentin Lin, l'inverseur de lignes

Perrine Créquy

Perrine Créquy
Il n'attend plus que le feu vert des autorités européennes. « C'est une question de jours », estime Quentin Lin, jeune entrepreneur de 26 ans. Une fois obtenu l'indispensable sésame de conformité aux normes en vigueur dans l'Union, il lancera la commercialisation du Vitamin A, le premier smartphone conçu par DuneTek, la société qu'il a cofondée il y a un an avec Paul Huang.
Son ambition :
« Proposer un smartphone de la qualité de l'iPhone mais moitié moins cher » - avec un prix de vente conseillé à 180 euros. Chaque utilisateur pourra le paramétrer à sa guise, pour suivre un fil d'actualité mêlé à son flux Twitter et se connecter en un instant à ses applications préférées.
Qu'importe si certains estiment que le marché est saturé.
Ensuite, il entend suivre la stratégie du chinois Xiaomi, « toujours améliorer la qualité de l'appareil à chaque nouvelle version, sans jamais augmenter le prix ». Quitte à pratiquer des marges faibles.
Lui qui a vécu cinq ans en Chine quand il était adolescent, puis à Londres, note que « les Chinois aiment les thèmes, comme Hello Kitty et Transformers, alors que les Britanniques sont fans d'Instagram ». Déjà, il imagine son internationalisation, avec de futurs lancements en Europe. Chaque pays aura ses propres équipes de développeurs, afin de répondre aux demandes de chaque marché.
Avant d'aborder le monde des télécoms, c'est la mode qui a d'abord piqué la curiosité de Quentin Lin.
Quand il a rejoint l'Edhec Nice en 2008, et l'association Fashion de l'école de commerce, cet extraverti a organisé un défilé de charité qui a rapporté 2500 euros au Téléthon.
En octobre 2012, Quentin Lin a lancé son premier projet entrepreneurial. Dans le secteur de la mode, naturellement. Avec la casquette de business developer, il a cofondé Bigote, un fabricant d'espadrilles made in France. Mais les liens tissés avec ses deux associés se sont rompus au bout de six mois.
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Lui que l'on dit « débordant d'énergie et de projets » est à l'aise avec les changements de cap. Fin 2010, il a interrompu sa scolarité, préférant poursuivre son expérience professionnelle à l'Agence H, où il avait effectué une année de césure.
À son retour, il devient consultant pour une agence de conseil en innovation, Tilt-Ideas.
« La curiosité de Quentin, sa veille permanente, son optimiste et son multiculturalisme correspondaient parfaitement aux profils que nous recrutons. Il nous a aussi aidés à structurer le contenu de conférences. Il n'avait que deux ans d'expérience professionnelle quand il a coanimé avec moi un de ces événements, consacré à l'utilisation des réseaux sociaux pour la gestion clients en entreprise », se souvient Brice Auckenthaler, le cofondateur de Tilt-Ideas.
Après la rupture avec ses associés de Bigote, Quentin Lin a enchaîné les petits boulots.
« L'année 2013 a été une période de rumination. » Il saute donc sur l'occasion quand son père, Cheng Lin, directeur de la stratégie et du développement de ZTE, lui indique que le groupe envisage de déployer sa marque Nubia en France. « Je suis très fort en pitch. C'est important quand on n'a pas de diplôme », sourit ce sinophone malin. En septembre 2013, il se lance dans cette mission financée par la marque, en tant qu'autoentrepreneur.
Cette mission lui a donné l'idée de fonder DuneTek. Elle lui aura aussi permis de mener une étude de marché sur le secteur de la téléphonie, et d'étoffer son carnet d'adresses quand il a représenté la marque au Consumer Electronics Show de 2014. Il y a notamment rencontré la société Sidereo.
« Les bénéfices générés par les premières ventes seront directement réinvestis dans l'amélioration du logiciel », annonce l'entrepreneur, qui souhaite en parallèle lever des fonds, avant l'été. Il entend sortir la V2 de son smartphone, le Vitamin B, dès septembre prochain.
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MODE D'EMPLOI
Où la rencontrer ? : Sur tous les réseaux sociaux, ou à Paris. « Je donne rendez-vous à République où j'aime sortir, ou dans les environs de la Porte Maillot, où je vis... chez mes parents ! »
Comment l'aborder ? « Mieux vaut une discussion "brute de décoffrage" que trop guindée. Et si vous êtes geek, ou si vous aimez le football américain, nous nous comprendrons immédiatement. »
À éviter ! « Ceux qui pensent qu'il faut connaître untel ou machin pour réaliser ses projets m'exaspèrent. C'est une façon old school de concevoir les affaires.
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