Valeo les deux mains dans le moteur

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(Crédits : Gael Vautrin)
L'équipementier automobile a réduit sa perte en 2009 et entend doubler sa marge opérationnelle l'an prochain

A toute chose malheur est bon. Dans le secteur automobile, la crise a été l?occasion pour certains d?améliorer une situation déjà bancale. C?est le cas de Valeo. Les deux pieds sur la pédale de frein, l?équipementier a fortement décéléré l?an dernier pour s?adapter à la conjoncture. Résultat : la perte du groupe a fondu de 26 % en un an à 157 millions d?euros. Mais si le marché s?emballe autant c?est bien que la fin de l?année a été particulièrement porteuse avec un bond de 21 % de l?activité. En soi aucune surprise si l?on sait que le groupe avait récemment revu à la hausse ses résultats. Qu?importe ! Unanimement, les analystes n?en restent pas moins bouche bée. Après avoir flambé de plus de 12 % en séance ce matin, le cours de l?action s?octroie encore plus de 6 %.

De quoi rendre le groupe optimiste, qui envisage déjà de sortir de 2010 la tête haute en ayant doublé sa marge opérationnelle - de 1,8 % fin 2009. Certes, en continuant de réduire la voilure, le groupe a les moyens de redevenir bénéficiaire l?an prochain et d?améliorer sa rentabilité. Comme le soulignent les experts d?UBS « Valeo a démontré sa capacité de gestion opérationnelle à travers la crise ». On ne saurait dire le contraire. C?est vite oublier que les chiffres encourageants du dernier trimestre ont été tirés par des marchés sous perfusion, artificiellement soutenus par une kyrielle de primes en tout genre.

Mais quel crédit accorder à ses prévisions si elles n?ont que pour seule essence la gestion plutôt que la performance ? En clair le marché automobile ne va pas, comme par enchantement, sortir d?un mauvais rêve en 2010. Jacques Aschenbroich, , le sait. La situation est délicate particulièrement en Europe. Mais il préfère voir les relais de croissance offert par le marché américain censé rebondir de 25 % cette année, et ceux des pays émergents. Reste que si la conjoncture qui domine ce début d?année devait se poursuivre, cela pourrait rapidement doucher les espoirs que le patron de Valeo porte sur le marché américain. Ce qui serait d?autant plus dommageable vu que trois quarts de l?activité du groupe sont réalisés de part et d?autres de l?Atlantique ? En clair, comme l?an dernier, Valeo risque plus de passer 2010 les mains dans le moteur plutôt que sur le volant.

 

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