Michelin regonflé à bloc

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(Crédits : Tribune)
Seul équipementier automobile à avoir retrouvé ses niveaux de cours précédant la chute de Lehman en septembre 2008, le groupe confirme son avance. Notamment grâce son profil atypique.

Tout ce qui touche au secteur automobile n'est pas forcément synonyme de moins-value boursière. Au-delà des problèmes tant conjoncturels que structurels rencontrés par les constructeurs, certains équipementiers parviennent à tirer leur épingle du jeu. C'est le cas de Michelin dont le dynamisme des ventes au premier trimestre a su convaincre des investisseurs, pourtant las des pertes accumulées par l'industrie au titre des deux dernières années. La progression de plus de 2,5% du titre aujourd'hui en témoigne. Le spécialiste du pneumatique a fait état d'une croissance organique de son chiffre d'affaires de 12,2% de janvier à mars, supérieure aux attentes du marché. Et cela grâce notamment à un bond de 15,3% des volumes sur la même période. Incitant, par la même, la direction à tabler sur une hausse de 10% du nombre de pneus vendus par Michelin en 2010.

L'une des principales problématiques de ce segment de marché réside dans la capacité de ses acteurs à absorber le contrecoup de l'envolée des matières premières, et plus précisément des prix du caoutchouc, voire même du plastique tandis que le sort de leurs commandes reste suspendu à une reprise durable des ventes de véhicules. Dans ce contexte, la société tire profit de son profil atypique. Historiquement Michelin a toujours su entretenir une certaine avance technologique sur ses concurrents en maintenant un niveau d'investissements relativement soutenu en période de croissance. Dès lors, il devient plus facile de répercuter un éventuel surcoût d'approvisionnement sur les prix facturés au client final. D'ailleurs, plusieurs analystes estiment que le groupe pourra faire face à une augmentation de charges comprises 700 et 750 millions d'euros liées à l'inflation des produits de base. Preuve que le retour de l'action Michelin à des niveaux de cours supérieurs de près de 10% à ceux précédant la chute de Lehman n'est pas le fruit du hasard.
 

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