Petites phrases et anecdotes de Davos 2013 (suite)

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. Sarkozy à Davos, mais off Davos. Il y a bien un (ex) président français à Davos cette année, mais seuls quelques happy few l'ont croisé. Invité à un dîner mercredi soir par la banque britannique Barclays, à l'hôtel Schatzalp, le plus chic de la station, Nicolas Sarkozy n'a pas mis les pieds cette année au Congress Center, alors qu'il y avait fait des interventions remarquées en 2011 et 2012. Sans doute pour ne pas faire de sa venue un événement politique... D'autres mauvaises langues disent que c'est parce que le World Economic Forum ne paye pas ses intervenants... A ses interlocuteurs, l'ancien président aurait dit tout le mal qu'il pense de la gestion de la crise de l'euro après son départ (ce qui reste à démontrer vu le regain de confiance notable à Davos sur l'avenir de la monnaie unique) et tout le mal qu'il pense des journalistes (français ?). En tout cas, il n'a pas pris la peine de les rencontrer. Il aurait pu pourtant démentir plus clairement les rumeurs qui lui prête l'intention de monter un fond d'investissement à Londres (avec Alain Minc ?). En tout cas, Davos est le bon endroit pour lever des fonds, vu le nombre de capital investisseurs du monde entier au mètre carré.
. "2012 a été l'année de la relance ("relaunch") de l'euro. En un an, tout s'est amélioré. Mais ce n'est pas assez pour être satisfait, car l'économie réelle n'est pas sortie d'affaires". Mario Draghi, président de la BCE. Son "objectif stratégique pour 2013 est de mettre un terme à la fragmentation de l'euro".
. "Ce dont le monde a besoin maintenant, c'est de plus d'Amérique". Professeur Klaus Schwab, patron et fondateur du World Economic Forum. La plupart des participants sont confiants dans la reprise de l'économie américaine cette année.
. Amusant et instructif dialogue entre le gouverneur de la banque centrale du Nigeria, Sanusi Sanusi Lamido et son homologue vice gouverneur de la Banquue de Chine, sur le transfert à venir vers l'Afrique (et il l'espère le Nigeria), de l'usine du monde. En cause, la montée des salaires en Chine et les efforts des pays africains pour former leur main d'oeuvre pour l'orienter vers le secteur manufacturier. Yi Gang, le vice gouverneur de la Banque de Chine, encaisse et parle d'une troisième révolution en Chine, qui vva devenir désormais une économie de service...
. "Le marché unique européen n'est pas un self service". Angela Merkel à propos de la demande de renégociation de David Cameron qui menace sinon d'un référendum en 2015 sur la participation de la Grande Bretagne à l'Union européenne. Même discours donc que François Hollande qui, de Paris, a dénoncé l'Europe "à la carte" que veut le Premier ministre britannique. Mais Merkel a rejoint David Cameron sur la nécessité d'une Europe plus compétitive.
. Les pires entreprises de 2012. Greenpeace et la Déclaration de Berne, bref, de gentils écolos, ont élues les deux pires entreprises de l'an dernier. Le géant pétrolier Shell et la banque d'affaires américaine Goldman Sachs, qui est sortie renforcée de la crise financière. Selon son PDG, Loyd Blankfein, présent cette année à Davos avec son numéro et une délégation d'au moins 8 banquiers stars de la banque, "le pire est derrière nous" ("The worst is over") dans cette crise financière et il se dit optimiste pour la reprise économique, notamment parce que les Etats-Unis sont en train de repartir de l'avant et parce que le monde émergent a surmonté le ralentissement de 2012.
. La Suisse s'interroge sur les conséquences du référendum britannique sur sa propre relation à l'Europe. "Il va falloir se déterminer à un moment ou un autre clairement pour savoir qui est "in" et qui est "out" nous explique un banquier suisse qui préfère rester anonyme (une habitude ici, secret bancaire oblige). La pression croissante de l'Europe sur l'exception fiscale suisse et la mise en cause par la France de plusieurs élément clefs de la convention fiscale, sur les successions et sur le fameux forfait fiscal, va-t-elle normaliser la Suisse et la convaincre d'aller plus loin dans son accord de coopération avec l'Europe ?
. Selon Georges Soros, le financier américano-hongrois, "il y a une guerre des monnaies dans lle monde et elle va forcer la BCE à assouplir encore sa politique monétaire cette année".
. Le même Soros est très dur sur la Russie de Poutine et Medvedev, qui ont mené une offensive de charme à Davos en y envoyant la plus grosse délégation des pays émergents... "Investir en Russie est une grosse erreur. Les capitaux s'enfuient et les cerveaux aussi". Alors que trois scénarios, tous négatifs, ont été présentés sur la Russie, menacée par sa trop forte dépendance au pétrole, la Russie peine à convaincre qu'elle a réussi à devenir un pays comme les autres. Parmi les inquiétudes, le respect de l'Etat de droit et la réalité de l'ouverture du pays après son entrée dans l'OMC.
. Stiglitz, le prix Nobel d'Economie, poursuit de son côté son combat contre les inégalités aux Etats-Unis. "La richesse du Top1% des américains a doublé depuis 1980 alors que celle des 99% a stagné. La dernière foiss que c'est arrivé, c'était dans les années 20 et cela s'est terminé sur la catastrophe que l'on sait. (...) Le FMI a publié des travaux qui démontrent le lien entre les inégalités et l'instabilité économique". Autre pique : "l'Amérique pense qu'elle est une terre d'opportunités. Alors que c'est l'un des pires endroits du monde pour l'égalité et l'opportunité". Peut-être un peu excessif...

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Commentaires
a écrit le 28/01/2013 à 8:44 :
La finance,ça eut payé,mais ça paye plus.A quand un Davos de l'énergie ou on aborderait le role de l'énergie dans le développement économique,et en particulier la relation entre cout du travail et prix de l'énergie?
a écrit le 27/01/2013 à 20:32 :
Décidément, Philippe mabille a un compte à régler avec Nicolas Sarkosy : il suffit de reprendre ces chroniques sur les douze derniers mois pour s'en convaincre. Eh quoi, on lui a refusé un poste durant l'ère Sarkosy ou comme son ex-collégue de la tribune, il rêve de rejoindre la rue de Solférino ?

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