La Métropole du Grand Paris, c'est lui

Jean-Pierre Gonguet

Jean-Pierre Gonguet
Alexis Bachelay n'est pas un chaud partisan du consensus. C'est même pour cela qu'il est en train de faire enfin adopter par l'Assemblée cette Métropole du Grand Paris que les sénateurs ont déchiquetée au mois de juin. Un dossier un peu pourri dont personne au groupe socialiste n'a voulu se charger pendant des mois. Un dossier en déshérence pendant plus d'un an.
Alexis Bachelay, quadra fraichement élu des Hauts de Seine, n'était lui-même guère passionné:
Il commence à s'y intéresser fin 2012 avec les premières consultations de Marylise Lebranchu. La ministre de la Réforme de l'État, de la Décentralisation et de la Fonction publique , très isolée, est alors en train d'élaborer un texte de réforme sans grand intérêt que personne n'a vraiment envie de soutenir au Parlement. Du coup, début juin les sénateurs UMP et PC se font le plaisir d'envoyer la réforme à la poubelle. Ni le président PS de la commission des lois, Jean Pierre Sueur, ni le président du groupe socialiste François Rebsamen ne se battent vraiment. Les sénateurs socialistes pro métropole n'ont, eux, "jamais eu la main et sortent écoeurés, remontés comme des coucous".
Le 12 juin 2013, des "comploteurs" se retrouvent au Mucha Café, un bar calme à côté de du siège du PS rue de Solférino : quelques députés parisiens (Jean Marie Le Guen, Christophe Caresche, Annick Lepetit, Jean Yves Le Bouillonnec, Daniel Goldberg) et quelques sénateurs (Jean Pierre Caffet, Luc Carvounas).
Alexis Bachelay note les analyses, synthétise et écrit à Bruno Leroux, le patron des députés PS, pour indiquer qu'il prend le dossier. Un coup de force. Mais il n'a pas le choix, pense-t-il face au désastre politique annoncé d'un Grand Paris sans structure de gouvernance :
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Beaucoup d'élus saisissent le danger et évoluent très vite pour monter dans le train : Anne Hidalgo, Jean Paul Huchon au dernier moment, sont dans les 44 élus qui envoient une lettre à Jean Marc Ayrault fin juin pour un sursaut métropolitain. Chacun craignant de se faire doubler, un improbable axe Hidalgo- Bartolone-Huchon émerge.
Belle performance pour le député des Hauts de Seine. Certes, tout n'est pas facile : le premier texte proposé en moins de 4 jours n'est pas forcément très bon, les discussions sont parfois houleuses avec Matignon et ça craque sec dans les articulations du texte avec quelques grandes collectivités franciliennes. Claude Bartolone doit monter souvent au créneau face à Jean Marc Ayrault ou François Hollande. Mais, depuis l'été, le texte a considérablement évolué :
Comme le dit Carlos Da Silva, député de l'Essonne : "l'objet de cette loi n'est pas de satisfaire élus locaux d'aujourd'hui, ni même ceux de demain, de 2014 !" Alexis Bachelay, non cumulard, a toutefois été premier adjoint du maire de Colombes pendant des années, une ville "pas facile" comme il le dit. Il connait le terrain. Il a compris que l'organisation du territoire devait être sérieusement nettoyée.
Il peut à la fois tempêter contre les structures inutiles (mes comités de tourisme dans chaque département l'énervent particulièrement ces derniers temps) et demander un rôle fort de la Métropole (il se demande ainsi, ce qui est parfois mal compris, pourquoi l'Etat s'occupe encore du quartier de La Défense et ne passe pas la main à la Métropole) :
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Lui par exemple : il est le député de la ligne 13 (sa permanence est en bout de ligne à Genevilliers) celle qui "deux ou trois fois par semaine fait perdre 35 minutes à tout le monde tellement elle est mal réglée". Alexis Bachelay est né à St Maur, a vécu à Champigny, Arcueil, Paris et Colombes, travaillé au Plessis Robinson et à Nanterre. Il ne se déplace qu'avec son pass Navigo. Le métropolitain c'est lui.
Jean-Pierre Gonguet