Après l'indignation, le temps de la mobilisation

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Réunis en parlement les 5 et 6 novembre au Conseil économique, social et environnemental (CESE), à Paris, les membres du réseau d'entrepreneurs d'Avenir a fait salle comble.
Réunis en "parlement" les 5 et 6 novembre au Conseil économique, social et environnemental (CESE), à Paris, les membres du réseau d'entrepreneurs d'Avenir a fait salle comble. (Crédits : Reuters)
Les constats sont désormais posés. Pour dire en substance qu'on va "dans le mur" en poursuivant sur la même route et avec les mêmes bases. Les initiatives prennent corps. Le réseau Entrepreneurs d'Avenir témoigne de cette mise en action. Pour le meilleur et pas pour le pire.

Êtes-vous un soucieux de votre exemplarité ? Développez-vous un management coopératif ? Avez-vous une gestion responsable et humaine des projets de changements ? Savez-vous donner des marques de reconnaissance ? Ces questions sont-elles partiellement abordées dans votre entreprise ou déjà bien engagées ? Pour le savoir, rien de plus facile.

Depuis cette semaine, Entrepreneurs d'Avenir, un réseau regroupant 700 entrepreneurs désireux de participer et de faire avancer la mutation du monde, a lancé un "Diagnostic Social d'Avenir". Disponible en ligne sur leur site et en open source, ce diagnostic a pour objectif d'aider les responsables d'entreprise à évaluer s'ils sont dans le droit chemin d'une politique sociale responsable et innovante.

"People, planet, profit"

L'évaluer pour ensuite mieux la développer. "On résume souvent la RSE en trois P : People, Planet, Profit, résume Philippe Béon, directeur de "Avec les autres" et porteur de ce projet au sein du réseau Entrepreneurs d'Avenir. Or, le P de People est fréquemment le parent pauvre de la démarche. Dans les discours on voudrait mettre l'homme au coeur du projet. Mais dans les faits, les politiques sociales sont plus des variables d'ajustement courtermistes, que des leviers de développement collectif, au bénéfice de tous et de chacun."

Réunis en "parlement" les 5 et 6 novembre dernier au Conseil économique et social (CESE), le réseau d'entrepreneurs d'Avenir a fait salle comble. C'est dire le besoin plus que jamais pressant, et l'intention de nombre de citoyens aux responsabilités diverses, de s'impliquer plus largement dans la mutation de l'économie et de la société.

"Les solutions et les réponses sont déjà là"

Depuis son lancement en 2009, le Parlement des Entrepreneurs d'Avenir cherche à réunir les acteurs de changement et à éclairer son audience sur la nécessité de réinventer la donne économique, sociale et environnementale. "L'heure des constats est passée, témoigne Jacques Huybrechts, à l'initiative de ce réseau innovant. Seules les solutions doivent désormais tous nous mobiliser : entrepreneurs, élus, citoyens, associations, syndicats... Cessons de nous opposer, élaborons ensemble les solutions. Pour cela, un sursaut entrepreneuriat auquel nous pouvons tous nous atteler est nécessaire. Entrepreneurs, intrapreneurs, nous pouvons tous devenir les acteurs de ce changement. Mobilisons toutes les forces vives et actives de notre pays pour converger vers un projet et un destin commun. Les solutions qui portent le sens et les réponses sont déjà là. Elles sont parfois embryonnaires, partielles ou imparfaites mais elles sont portées par des entrepreneurs d'avenir et des conspirateurs bienveillants, résolus à construire un avenir meilleur et souhaitable".

Favoriser les prises de décisions plutôt que les empêcher

En témoignent les dirigeants venus témoigner au CESE d'une nouvelle forme de leadership. Du charismatique ex-patron de Favi, Jean-François Zobrist qui a libéré les potentiels et les talents de ses salariés pour générer de la performance. En passant par Frédéric Lippi, qui encourage chez Lippi, fabricant de clôtures métalliques en Charente, l'entreprenariat interne et a remodelé les structures hiérarchiques pour qu'elles favorisent les prises de décisions plutôt que de les empêcher.

"Avoir le courage d'abandonner son ego"

Un seul constat qui "parlera" à tous ceux qui ont l'obsession de la performance financière : "On fait plus d'argent par la confiance et l'autonomie que par le contrôle", martèle Zobrist. Seule question qui vaille pour ces leaders : la qualité de la relation au sein de l'organisation. Foin des concepts et des prises de tête, la première qualité du leader selon eux c'est "d'avoir le courage d'abandonner son ego". Et dans courage, il y a Cœur.

Autrement dit il s'agit d'avoir du cœur et d'aimer les gens. Pour quoi ? Pour qui ? Pas de recettes mais une cohérence et un sens à trouver et donner. Et au final, "ce ne sont pas les discours qui vont convaincre mais les comportements", rappelle Frédéric Lippi. "Et prôner sans organiser", conclut Zobrist.

Si le chemin peut paraître encore long et prendra du temps, il est clair qu'il se dessine de plus en plus clairement. Et a le mérite de s'ouvrir de plus en plus largement. On y rencontre de plus en plus de gens. Le temps de la mobilisation est venu. L'acte d'entreprendre dépasse largement son unique expression financière. Reste à rendre plus central ce mouvement dans les entreprises pour qu'il ne reste pas en périphérie. Les Entrepreneurs d'Avenir s'y emploient.

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Commentaires
a écrit le 11/11/2013 à 11:49 :
Ca fait un peu rodomontade élu locale apparatchik PS. C'est nuisible pour l'entreprise et pour les causes prétendument défendues. CESE ne pas oublier "environnemental"
a écrit le 11/11/2013 à 8:43 :
tout dépend de ce que l'on veut, gérer une entreprise comme une équipe sportive (non pas le PSG) ou comme un patron qui sait tout de droit divin ce dont en voit les résultats actuellement .
a écrit le 10/11/2013 à 10:51 :
Les vrais chefs doivent savoir désobéir.
a écrit le 10/11/2013 à 6:16 :
Et pendant ce temps (perdu à bla-blater en se regardant le nombril), LES CHINOIS TRAVAILLENT !!!!!
Réponse de le 14/11/2013 à 14:15 :
les chinois ont tout a construire nous nous avons tout a ré inventer...
a écrit le 08/11/2013 à 18:05 :
Type de langage qui plombe les entreprises françaises depuis des années. Copié des USA on voit la casse dramatique qu'il provoque et que l'on ne découvrira que petit à petit sur les 5 prochaines années. On ne souscrit pas au baragouinage de Sophie Peters.
a écrit le 08/11/2013 à 14:41 :
Je suis totalement en accord avec la démarche. La gestion par les stress, la compétition interne, le canapé, le court-termisme, la mauvaise foi, et j'en passe ne fonctionnent pas. Il serait temps de s'en apercevoir. D'autres l'ont compris depuis bien longtemps outre Atlantique avec des réussites exceptionnelles. Il n'est de richesse que d'hommes et de femmes.
"Oublier son égo" c'est hélas parfois abandonner la seule chose que possède le H+ ... Pas évident.
a écrit le 08/11/2013 à 13:46 :
700 entrepreneurs désireux de "faire avancer la mutation du monde". Bigre, rien que ça ! On ne donne pas dans les petits objectifs ! Et comment ? En ayant " le courage d'abandonner son ego". Il fallait y penser.

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