Le pouvoir économique chinois : une affaire de famille (ou presque) ...

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Les réformes chinoises pour lutter contre la corruption ont rassuré leurs partenaires économiques. Mais dans les faits, le pouvoir économique chinois révèle des interconnexions très nombreuses... | REUTERS
Les réformes chinoises pour lutter contre la corruption ont rassuré leurs partenaires économiques. Mais dans les faits, le pouvoir économique chinois révèle des interconnexions très nombreuses... | REUTERS (Crédits : reuters.com)
Les réformes engagées par le 3è Plenum du XVIIIè Comité Central du Parti communiste chinois (PCC) auront des effets réels, et importants, sur un certain nombre de secteurs industriels ou de services "périphériques", qui ne nécessitent pas de pilotage des autorités chinoises. Pour autant, tous les secteurs stratégiques restent sous le contrôle d’un réseau de décideurs dont les carrières révèlent les étroites interconnexions...

La notion de "relations" (Guanxi), toujours évoquée à propos de la Chine, présente une importance particulière dans le fonctionnement des secteurs stratégiques de l'économie nationale. L'Etude Stratégique China 2014 : the Economic Power Network*, réalisée par DCA Chine-Analyse, s'est penchée sur une série de secteurs au cœur de l'économie chinoise, industriels (énergie, métallurgie, aéronautique, électronique, Défense, équipements de transport) ou de services à l'industrie (télécommunications, logistique et banque) ; et sur la douzaine d'agences gouvernementales (ministères ou Commissions centrales) jouant un rôle décisif dans leur supervision.

Réseaux interconnectés

Il en ressort que, sur douze responsables d'organismes gouvernementaux, six sont passés au cours de leur carrière par un poste de décisionnaire dans l'une des autres agences du réseau. Et surtout, que quatre de ces ministres ou présidents de commissions, auxquels il convient d'ajouter huit vice-ministres ou vice-présidents, ont précédemment occupé des fonctions de direction dans un des 49 grands groupes industriels ou des 11 banques couverts par l'Etude.

Au sein de ce deuxième réseau, des 60 entreprises les plus puissantes de Chine, ce sont trente Présidents - auxquels il convient ici d'ajouter trente-quatre vice-présidents ou directeurs généraux - qui ont occupé plus tôt dans leur carrière un poste de décisionnaire dans un des autres groupes étudiés, ou dans une de leurs agences de supervision. Le phénomène est particulièrement marqué dans le secteur bancaire, qui constitue le socle de la stratégie industrielle chinoise.

Un système maintenu

Par-delà la reprise en main spectaculaire de quelques entités dans le cadre de la campagne de lutte contre la corruption, l'année écoulée depuis la tenue du XVIIIè Congrès du PCC n'a pas bouleversé ce réseau. Au contraire, les nominations enregistrées sur la période n'ont pas changé le mode de fonctionnement, et sont allées puiser dans le même réseau.

Le seul élément récent réellement nouveau consiste dans la montée en puissance des décideurs issus de ce réseau, parmi les responsables d'entités régionales jouant un rôle déterminant dans la structuration de l'économie chinoise.

 

Des Missi Dominici à vocation économique pour les Provinces

Un certain nombre de gouverneurs nommés depuis octobre 2012, ou confirmés dans des positions acquises peu avant, présentent en effet un profil intégrant des responsabilités passées au sein des grands groupes étudiés ou de leurs agences de tutelle, et cohérents avec une mission économique dans des provinces de premier plan.

Sur 31 entités régionales chinoises, pas moins de onze gouverneurs de Provinces ou maires de Municipalités autonomes, et six vice - gouverneurs (qui les assistent) ou Secrétaires régionaux du PCC (qui les chapeautent), présentent aujourd'hui ce type de profil. Ces Missi Dominici à mission économique du PCC complètent le réseau du pouvoir économique chinois en assurant le contact entre le centre et les Provinces, dont les décisions peuvent considérablement gêner la politique économique nationale.

Les réformes engagées par le pouvoir chinois, qui visent à assainir et redynamiser le cadre périphérique de l'économie nationale, ne changeront pas une réalité fondamentale : son cœur reste sous le contrôle d'un réseau assurant la coordination de tous les secteurs stratégiques dans le cadre de l' "économie de marché socialiste".

 

* Pour télécharger la Note Stratégique synthétique gratuite ou vous renseigner sur l'Etude China 2014 : the Economic Power Network, rendez-vous sur www.chine-analyse.com.

 

>> Lire aussi : La corruption, ce fléau en Chine... selon les chinois !

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