Dongfeng : un partenaire chinois trop puissant pour les constructeurs français ?

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Les co-entreprises avec les grands constructeurs mondiaux sont au coeur de la stratégie de développement de DongFeng, basée sur les acquisitions de technologies. Mais elle place le constructeur en position de force vis à vis des constructeurs français...
Les co-entreprises avec les grands constructeurs mondiaux sont au coeur de la stratégie de développement de DongFeng, basée sur les acquisitions de technologies. Mais elle place le constructeur en position de force vis à vis des constructeurs français... (Crédits : reuters.com)
La création d’une co-entreprise avec Renault, confirme que DongFeng, potentiel investisseur dans PSA, est le "poids lourd" politique de l’industrie automobile chinoise.Unn avantage ou un risque pour les constructeurs français ?

L'implantation de Renault sur le marché chinois, dernier des quinze principaux constructeurs mondiaux à y arriver, a une signification sur les rapports de force politiques au sein du secteur automobile en Chine.

L'exception DongFeng

DongFeng, numéro deux de l'automobile chinoise qui dispose de puissants relais politiques - l'actuel ministre de l'Industrie, Miao Wei, a notamment été un de ses directeurs généraux au début des années 2000 - confirme avec cette association son statut particulier.

Après les japonais Nissan et Honda, le coréen Kia, le taiwanais Yulon, le suédois Volvo Trucks, et l'autre français PSA, c'est en effet la septième co-entreprise qui associe DongFeng à un constructeur étranger. Le constructeur basé à Wuhan (Hubei) constitue de ce fait une exception, dans la mesure où tous ses concurrents sont limités à un maximum de quatre partenariats de ce type.

DongFeng a manifestement réussi à convaincre les autorités chinoises de la validité de sa stratégie d'acquisitions de technologies, qui dicte sa politique de développement aujourd'hui. Il lui aura fallu pour cela passer outre l'opposition d'autres acteurs aux puissants appuis, notamment ses deux principaux concurrents Shanghai Auto (numéro un chinois du secteur) et FAW (le numéro trois).

L'exception française

L'industrie automobile française se retrouve ainsi presque entièrement liée à DongFeng sur le marché chinois. PSA a certes réussi une diversification, en s'associant dans une deuxième co-entreprise, entrée en opérations cette année, avec ChangAn, le quatrième constructeur automobile chinois. Mais les discussions engagées depuis avec DongFeng, sur une éventuelle entrée du chinois à son capital, montrent clairement que son destin reste très lié au nouveau partenaire de Renault.

Là où PSA et Renault se retrouvent avec le même partenaire déterminant, les allemands Volkswagen, Mercedes et BMW, qui occupent des positions dominantes sur le marché automobile chinois, alignent chacun des co-entreprises avec des constructeurs chinois différents. Avec d'ailleurs deux partenaires - qui ne sont autres que les autres Majors déjà évoquées (Shanghai Auto et FAW ), principaux concurrents de DongFeng - pour VolksWagen.

Dongfeng en position de force

A long terme, l'association avec DongFeng, "chercheur" de technologies étrangères pour développer ses propres modèles, pourrait s'avérer payante, en s'articulant avec la politique du gouvernement chinois qui veut réduire la part des marques étrangères sur le marché chinois.

Mais à court terme, elle place l'industrie automobile française dans une situation délicate vis-à-vis d'un interlocuteur en position de force pour toutes les négociations à venir.

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