L'Europe en signal fort, très fort !

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(Crédits : reuters.com)
Les événements d'Ukraine sont une occasion unique pour l'Europe de prouver son identité.

On ne peut pas dire que l'UE ait saisi la balle au bond. Créée pour qu'il n'y ait plus de conflits européens, l'Union est une structure démocratique étouffée par l'absence de moyens de décision rapide. Comme en 1995 dans l'ex-Yougoslavie, l'Union a besoin de l'intervention des États-Unis comme leader régional.

Or, ce qui se passe est typique des signaux faibles : personne n'a vu venir un potentiel conflit militaire direct entre la Russie et un pays du continent européen. Pourtant, à l'été 2008, les bruits de bottes en Abkhazie et en Ossétie du Sud étaient un signal fort de la revendication russe de domination sur des territoires à dominante de peuplement russe.

Typiquement, un signal faible doit être en position d'éveil et non de veille : quels sont les territoires à dominante de population russe ? Liste faite (est de l'Ukraine, Transnistrie, Moldavie, pays Baltes, voire Odessa), se préparer à réagir est le propre de la méthode des signaux faibles.

Ce mois de mars, la Russie a donc « capturé » la Crimée en s'appuyant sur un référendum dont le choix était : « Êtes-vous pour les Russes ou pour les Russes ? »

Le résultat stalinien (96 % de « oui ») a été soutenu par les protostaliniens hors de Russie, y compris français, laissant entendre des opinions (les opposants sont nécessairement des nazis soutenus par l'étranger), que l'on croyait définitivement oubliées avec la chute de l'URSS...

Pour éviter une confrontation armée, l'arme économique est là. Le point faible russe est l'énergie, qui lui apporte le tiers du PIB fédéral. Chaque pays européen a une autre politique énergétique. Limiter l'importation de pétrole et de gaz russes ne peut se faire qu'en important du gaz de schiste et du charbon américain, en augmentant l'énergie nucléaire et les énergies renouvelables. Ce processus est très lent. Autant dire que l'Europe en est loin, et la France très loin.

L'Allemagne, la France, la Pologne, etc., ont des comportements environnementaux contradictoires et opposés. Reste que l'Europe doit d'urgence répondre à la Russie, car derrière elle c'est la Chine qui observe le comportement occidental, et les pays riverains de la mer de Chine, dont le Japon et la Corée, sont plus qu'inquiets. Le monde serait-il au bord d'une troisième confrontation ?

Il ne faut pas le souhaiter. Mais les signaux faibles conduisent à des scénarios dynamiques très noirs, des scénarios haïssables. En les préparant, on évite cette confrontation. Signal fort pour l'Europe, très fort. Je repars en plongée. Rendez-vous la semaine prochaine... pour démontrer l'inverse.

Je repars en plongée.

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L'ouvrage le plus récent de Philippe Cahen :
Les Secrets de la prospective par les signaux faibles, Éditions Kawa, 2013.

 

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Commentaires
a écrit le 17/04/2014 à 13:59 :
Difficile de comprendre ce que veut dire signaux faibles signaux forts... car en fait les signaux sont forts +/- depuis l'arrivée de Poutine, et il ne faut pas être un grand géopolitique pour s'en rendre compte: Poutine soutient chaque effort pour retrouver un territoire russe ou de pays vassalisés qui faisaient autrefois la puissante URSS.
Question sanctions , on ne peut pas faire grand chose en Europe qui contrebalance vraiment le gaz russe , et de toute façon Poutine va négocier avec l'UE de grosses compensations pour ne pas faire exploser le prix du gaz par 2 ou 3; reste à savoir si on fera comme à Munich, donc en actualisant: ' mais il est très bien ce Mr Poutine, on peut lui faire confiance, il n'envahira jamais la Pologne (euh l'Ukraine!) '... ou bien lui dire que tant pis pour son gaz, on va envahir l'Algérie qui a beaucoup de gisements gaziers, passer commande aux américains pour leur gaz de shiste, retaper les centrales nucléaires (mais elles ne donnent pas du gaz...), peut-être même faire faire la promotion du charbon et du bois (on a encore des mines et des forêts).
a écrit le 10/04/2014 à 1:21 :
Bonne occasion en effet que nous donne Poutine de faire une Europe de l'énergie, c'était indispensable y compris au niveau technique (interconnexions etc) et de voir qu'il ne faut pas faire trop de commerce, surtout pas dans le domaine militaire, avec une dictature. Il faut de plus se méfier des partis séparatistes amis de Poutine comme le FN en France qui sont pour le démantèlement de l'Europe et de l'euro, ce qui favorise le jeu de leur ami Poutine. Les dictateurs s'assemblent et se ressemblent.
Réponse de le 10/04/2014 à 8:12 :
The Rise of the Fnew...Abracadabra...Et Voilà de nouveau le FN...
Venu , revenu , still alive , more alive...FN : Le parti qui déplait aux rats.
a écrit le 09/04/2014 à 20:06 :
Le gaz n'est pas encore assez cher.
a écrit le 09/04/2014 à 20:04 :
Oui , fort le signal...
Réponse de le 10/04/2014 à 1:12 :
Comme au municipales flop !
a écrit le 09/04/2014 à 17:13 :
Mon pauvre ! L'URSS n'existe plus depuis 1991. Que cela vous plaise ou déplaise. L'Ukraine est un enjeu géostratégique pour Washington (énergie, eurasie). Comme partout ailleurs, l'Oncle Sam finance, forme, met en place ses pions après avoir crée des insurrections, des guerres civiles et le chaos au détriment des peuples. Orphelin depuis la mort de l'URSS, ils ont cherché un autre ennemi pour autojustifier leur soif d'hégémonisme. Il s'est présenté sous la forme de Poutine, ce dernier ne cédant à aucun de leur désirata.
Par ailleurs, êtes vous journaliste ou propagandiste ? Si la question reste ouverte, mon opinion personnelle est faite !!!
La réalité est sans pitié, cher Monsieur. Même si "on" cherche à la déformer !
Réponse de le 10/04/2014 à 1:01 :
Les prises de pouvoir et tentatives de déstabilisation dans l'Est de l'Ukraine par exemple à Donestk ce sont aussi les américains ? L'invasion de la Crimée aussi ? L'invasion de l'Europe au temps de l'Urss aussi ? L'intervention à Prague aussi ? La première guerre d'Afghanistan qui a duré plus de 20 ans aussi ? L'Ukraine est en Europe et est un pays souverain, elle n'a pas à être envahie et les ukrainiens doivent pouvoir voter librement le 25 mai.
a écrit le 09/04/2014 à 13:17 :
L'Europe ? Combien de divisions ? aurait dit Staline
Réponse 0
Et même s'il y en avait une, le temps de se mettre d'accord pour intervenir, les affaires seraient terminées ; la Russie n'est pas la Lybie ni même la Syrie...
a écrit le 09/04/2014 à 4:55 :
Très bon article qui remet les pendules à l'heure face à la propagande soviétique et basique de Poutine.
Réponse de le 09/04/2014 à 12:20 :
merci. les "nazis" de Poutine existent des deux côtés comme dans la tradition soviétique et bien payés.
a écrit le 08/04/2014 à 22:22 :
L'Europe, prouver son identité ? En suivant à la lettre le plan des USA, qui veulent se venger de Poutine sur l'affaire Snowden et à affaiblir l'ensemble du continent européen en l'isolant et le poussant au bellicisme alors que ce sera l'Europe qui en subira les conséquences économiques directes ? USA et Europe ont volé le Kosovo aux Serbes pour le donner à la mafia albanaise et il faudrait que la Russie fasse le contraire pour la Crimée ? Risible et irresponsable. L'UE est entièrement tenue par les USA, si De Gaulle revenait il en sortirait dans l'heure...
Réponse de le 10/04/2014 à 1:10 :
Vous mélangez tout. Les kosovars risquaient d'être éliminés comme d'autres durant une guerre qui duraient depuis plus de 10 ans. Ni les américains ni les européens n'ont envahi la Serbie ni volé le Kosovo qui est indépendant comme il l'a souhaité. La Crimée n'est nullement indépendante elle a été volée. Pourquoi dans ce cas les allemands ne reprendraient-ils pas l'Alsace et la Lorraine et l'Italie la Corse ?
a écrit le 08/04/2014 à 22:19 :
Pas de quoi pavoiser ! elle est bien tragique l'identité de cette Europe...!!
a écrit le 08/04/2014 à 22:14 :
Vous êtes activiste ou journaliste?
Ce qu'ont fait les Russes en Crimée, c'est nous rendre la monnaie de notre pièce. Ils ont copié point par point ce que nous avions fait en ex Yougoslavie.
Il est amusant d'ailleurs de voir qu'aucun média ou politique européen n'a ressorti pour l'Ukraine les critères d'autodétermination des peuples à disposer d'eux-mêmes ou le droit d'ingérence qui ont fait les beaux jours de nos explications de texte sur l'ex Yougoslavie.
Quant à prouver son identité, il faudrait nous expliquer pourquoi l'Europe en aurait une quand le projet lui-même n'est pas défini en termes de frontières ou d'appartenance. Comme pour l'Ukraine.
Alors l'Europe c'est quoi? Un concept de bureaucrate international? On perd le gaz russe au nom de quoi? De qui? Quel est notre intérêt à aller pousser toujours plus à l'Est? Croyez vous vraiment que les Russes sont si faibles qu'ils vont accepter de se faire dissoudre dans un ectoplasme mou dirigé par des gens que personne ne choisi et dont la seule visée politique est l'alignement américain quelque soit le coût pour les peuples?
Réponse de le 09/04/2014 à 12:17 :
Effectivement, le cas du Kosovo est à citer.
Réponse de le 10/04/2014 à 1:16 :
Encore un nostalgique de l'Urss qui critique l'Europe pour mieux admirer l'ex-Urss que tente de recréer Poutine sous forme pire, par des invasions, des référendums bidons, des déplacements de populations, de la corruption, des chantages au prix du gaz. Oui on va se passer du gaz de Poutine, c'est une nécessité.
Réponse de le 10/04/2014 à 12:13 :
Bien vu pardon?
cet article est nullissime, si vous etes pas d'accord avec les diktats americano europeens vous etes staliniens. Moi seul j'ai raison, tous les autres sont des c..., alors que tout le monde voit très bien que l'europe, la mondialisation libérale et la pensée unique (tout ce qui n'est pas stalinien) nous emmène direct dans le mur.
Poutine a bien raison de profiter de la nullité de l'europe et de la betise extreme des americains et des andouilles comme l'auteur de cet article, vas y vladimi fous leur la raclée qu'ils méritent nos bien pensants

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