Société Générale plébiscitée malgré des résultats décevants

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
La banque a certes vu son bénéfice net doubler au troisième trimestre, mais ses performances restent inférieures aux attentes. Le redressement de la banque d'investissement et un regain d'activité donnent tout de même un souffle au titre sur les marchés.

Au troisième trimestre, Société Générale a dégagé un bénéfice net de 426 millions d'euros, contre seulement 183 millions un an auparavant. Mais bien que multiplié par plus de deux, ce résultat reste en dessous des attentes des analystes qui espéraient 481 millions d'euros.

En revanche, le produit net bancaire, l'équivalent du chiffre d'affaires pour les banques, affiche une progression de 16,9% saluée par les marchés. Cette donnée est particulièrement scrutée en ce moment et les 5,97 milliards d'euros engrangés par le groupe financier au troisième trimestre rassurent. A la Bourse de Paris, le titre Société Générale enregistre une des meilleures performances à la clôture, en hausse de 4,56% à 45,64 euros.

Les investisseurs ne semblent pas s'alarmer de la chute de 22,8% du résultat d'exploitation, qui est tombé à 559 millions d'euros. Celui-ci a été affecté par le doublement du coût du risque, qui représente une charge de 1,5 milliard d'euros au troisième trimestre, contre 1,3 milliard attendu par le marché.

Si l'activité a donc accéléré ces derniers mois, la performance opérationnelle du groupe, elle, s'est dégradée. Mais sa solidité financière a été renforcée, grâce à l'augmentation de capital de 4,8 milliards d'euros lancée début octobre. Au 30 septembre, le ratio Tier One du groupe est remonté à 10,4%.

Amélioration au troisième trimestre

Si l'on considère le bilan du groupe ces neuf derniers mois, l'accélération de la croissance au troisième trimestre apparaît clairement. Depuis le début de l'année, l'activité n'a ainsi progressé que de 1,4% à 16,6 millions et le résultat d'exploitation a plongé de 72,1% à 875 millions d'euros.

Pour Société Générale, ces chiffres illustrent une amélioration de la conjoncture, avec" une reprise progressive du commerce internationale, la fin des phénomènes de destockage et une remise en marché des canaux de financement de l'économie réelle". Autant de signes encourageants que le groupe tempère. Face à certains indicateurs économiques plus inquiétants, notamment la montée du chômage, Société Générale affirme que la croissance "reste très fragile et qu'un pilotage international coordonné de sortie de crise sera nécessaire".

La situation de la banque de financement et d'investissement (BFI) du groupe illustre cette situation. Après avoir enregistré des pertes lors de quatre des cinq derniers trimestres, la division renoue avec les bénéfices... mais sans fanfare. Le résultat net s'établit à 133 millions d'euros au troisième trimestre et reste toujours négatif (-293 millions d'euros) sur neuf mois.

L'activité de la BFI a été multipliée par 2,7 pour atteindre 1,77 milliard d'euros au troisième trimestre, signe de la normalisation des conditions de marché. Mais la cession de 1,7 milliard d'euros d'actifs à risque, même si elle améliore le profil de risque de la BFI a pesé sur sa performance opérationnelle. Le coût du risque représente une charge de 604 millions d'euros ce trimestre, mais elle n'empêche par le résultat d'exploitation de revenir dans le vert, à 133 millions d'euros, tout comme le bénéfice net de la branche.

Les services financiers et la gestion d'actifs au creux de la vague

Dans la banque de détail en France, le plan de relance public a permis un redémarrage de l'activité. La progression des encours de crédit (hors crédits de trésorerie aux entreprises) a été supérieure à celle des marchés au troisième trimestre, en hausse de 5,2% contre 4,3%.

Mais là encore, le coût du risque a fortement augmenté, passant de 116 millions d'euros à 220 millions sur un an. Du coup, le résultat d'exploitation a reculé de 14% à 445 millions d'euros et le bénéfice net passe de 335 à 287 millions d'euros sur un an.

La situation est plus tendue dans les réseaux internationaux. L'activité du groupe y a chuté de plus de 10% au troisième trimestre, à 1,17 milliard d'euros. Le coût du risque y a été multiplié par 2,6 et le résultat opérationnel a plongé de 66% à 173 millions d'euros. Sur neuf mois, le recul n'est "que" de 57,7%, signe que la situation s'est dégradée ces trois derniers mois. Société Générale compte donc poursuivre le déploiement de son plan d'ajustement, notamment en Russie, où le ralentissement de l'activité a été très fort.

La situation est encore plus difficile pour les branches Services Financiers et Gestion d'Actifs et Services aux Investisseurs (qui regroupe SGAM, SG Private Banking ainsi que les services aux investisseurs, le courtage et l'épargne en ligne). Dans le cas des services financiers, le bénéfice net a plongé de 93% à à peine 9 millions d'euros, tandis que pour la seconde division, il atteint tout juste 7 millions, en baisse de 75% malgré le dynamisme de la Banque Privée. 

(retrouvez le communiqué de Société Générale).

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