L'incertitude politique déprime la Bourse russe

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La reprise de la contestation anti-Poutine et l'incertitude sur les priorités du sextennat du président pèsent sur l'humeur des investisseurs

Les deux principaux indices de Moscou, le MICEX (en roubles) et le RTS (en dollars) affichent tout deux des baisses de plus de 3% aujourd?hui en fin de journée. Le dérapage presque sans sursaut dure depuis la mi-mars, en dépit de la promesse de « stabilité politique » faite par Vladimir Poutine, récemment réélu pour un troisième mandat. Les facteurs domestiques ne sont bien sûr pas les seuls à faire déprimer les investisseurs, mais l?orgueilleuse assurance du chef d?Etat affirmant que son pays affiche de bien meilleures performances macro économiques que celles de ses voisins européens n?a plus le moindre effet sur le marché.

Des manifestations toujours présentes

 

Les investisseurs s?attendaient à ce qu?une fois la réélection de Vladimir Poutine entérinée, les manifestations massives de l?opposition cessent. Que nenni. Depuis son investiture le 7 mai dernier, les manifestations ont repris de plus belle, prenant un rythme quotidien. La sociologue Olga Krychtanovskaïa, pourtant proche du pouvoir, qualifie la situation de « prérévolutionnaire ». Pour Chris Weafer, stratège chez la banque d?investissement Troika Dialog, l?incertitude autour des nouvelles priorités de Vladimir Poutine et de la composition de son gouvernement sont « une des raisons pour lesquelles les investisseurs étrangers restent soucieux depuis deux mois au sujet de la Russie ». La décision de Poutine de ne pas se rendre au G8 (18 et 19 mai) suggère à Weafer que « le processus de transition de pouvoir entre Medvedev et Poutine est plus compliqué que prévu ou provoque la controverse ». En principe, le premier ministre Dmitri Medvedev doit annoncer la composition du nouveau gouvernement mardi.

 

Les facteurs extérieurs pèsent évidemment aussi fortement sur l?humeur du marché russe. L?instabilité politique en Grèce, la légère baisse du baril de pétrole et la récession de la zone euro éclipsent des bonnes nouvelles venant de Chine. Vitali Manjos, analyste chez le trader Nord Kapital, note que « les nouvelles concernant telle ou telle valeur perdent tout intérêt devant un tel fond négatif ». Pendant que l?ensemble du marché baisse, on note toutefois que sur les deux derniers mois, le secteur hydrocarbure est plus touché que l?ensemble du marché à cause d?une hausse importante de la taxation.

 

Pour remonter la pente et rassurer les investisseurs, le Kremlin va devoir prouver sa capacité à accroître les recettes du budget sans tabler uniquement sur une hausse des prix du pétrole. Vladimir Poutine se doit de placer au gouvernement des figures libérales et compétentes, pas uniquement des vieux compagnons de routes issus des services secrets. Il s?agit aussi de présenter un calendrier de privatisations démontrant une volonté de réduction du rôle de l?Etat dans l?économie, d?une démonopolisation et d?une lutte efficace contre la corruption. Une majorité d?experts s?attendent à ce qu?un Poutine sur la défensive soit tenté de faire exactement l?inverse.

 

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Commentaires
a écrit le 15/05/2012 à 7:01 :
Je ne vois pas en quoi ce commentaire n'est pas pertinent.

JCM : pourquoi tant de vulgarité et d'agressivité vis-à-vis d'un journaliste qui fait preuve d'objectivité. Je crains que ce soit plutôt vous qui manquez de clairvoyance.
a écrit le 14/05/2012 à 23:09 :
Vous racontez encore beaucoup de conneries. Vladimir Poutine peut mettre dehors tous les investisseurs étrangers et même toutes les firmes occidentales. Il va vous falloir apprendre que, surtout les européens ont beaucoup plus besoin des russes que ces derniers ont besoin d'eux. Je maintiens mon pronostique de voir dans peu de temps l'Allemagne quitter l'U-E et rejoindre les BRICS. La Russie se dirige aussi vers un méchant système de matérialisme à outrance; mais ça c'est une autre histoire. Jean-Claude Meslin
a écrit le 14/05/2012 à 22:30 :
La grande question est en effet de savoir: un 3e mandat Poutine, mais pour faire quoi ? Si c'est pour développer l'économie et les institutions du pays, bravo. Si c'est pour cultiver le culte de la personnalité, je ne crois pas que cette génération le laissera faire. A suivre.

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