Bordeaux se rêve en destination finale européenne

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Décroché par Veolia et sa filiale Bartin Recycling Group, le chantier du démantèlement de l'ex-Jeanne d'Arc (aujourd'hui Q860) puis, dans la foulée, de l'ex-Croiseur Colbert (Q683), c'est d'abord des chiffres, comme les 11,5 M€ HT en montant des travaux que représente le chantier pour le groupe français. C'est aussi 9.000 tonnes et 8.000 tonnes de matériaux qui seront recyclés à 90 % environ. C'est approximativement 10 mois de désamiantage (environ 9 tonnes par navire démantelé, qui seront vraisemblablement enfouies) par navire qui seront suivis de 6 mois de découpe de métaux qui seront expédiés, par bateau, vers des filières de recyclages françaises et espagnoles. C'est enfin, au total, 32 mois de chantiers qui vont occuper, en période de pointe, quand la Jeanne d'Arc sera à la découpe et le Colbert en désamiantage, une cinquantaine de personnes à plein temps.
Du côté du Grand Port maritime de Bordeaux, ce chantier de démantèlement, le troisième en deux ans, semble confirmer la prédiction de Frédéric Cuvillier, alors secrétaire d'État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, qui voyait en Bordeaux un potentiel de champion d'Europe du démantèlement "propre" de navires.
Par la voix de son président du directoire, Christophe Masson, le Grand Port maritime a confirmé son engagement concernant des investissements qui vont permettre à la forme de radoub de Bassens et à son périmètre immédiat de devenir un outil de plus en plus efficace. "Nous allons y investir 6,5 M€ dans les cinq ans à venir" annonçait-il ce matin. Il sera sans doute question de moderniser les équipements d'exploitation, mais aussi de l'installation d'un portique de levage, qui évitera aux opérateurs en charge des opérations de démantèlement d'en louer à une entreprise externe au port.
En location d'installations et en service, le chantier piloté par Bartin Recycling Group va rapporter environ 1 M€ au Grand Port maritime. Il va aussi contribuer à une légère augmentation du chiffre du trafic de métaux (qui est de 100.000 tonnes/an à ce jour) du port bordelais.
Pour ce qui est du démantèlement "propre", Bordeaux dispose, avec la forme de radoub de Bassens, d'un outil techniquement compétitif, même s'il reste améliorable, qui intéresse plusieurs acteurs du démantèlement de navires. Et s'il est hors de question de rivaliser économiquement au moins, et d'un point de vue environnemental à coup sûr, avec les pays à bas coût, dans la compétition européenne, Bordeaux veut se positionner comme un sérieux concurrent aux anglais de Hartlepool qui disposent, sur le fleuve Tees, de la plus grand cale sèche au monde.
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90% des matières iront vers les filières de recyclage :
- Ferrailles (aciéries françaises et espagnoles)
- Métaux non-ferreux (fonderies françaises ou européennes)
- Equipements électriques et électroniques (Saint-Sylvain-d'Anjou)
- Liquides et fluides (Bègles)
10 % des matières iront en filière de traitement :
- Déchets industriels non dangereux (Bègles - Lapouyade)
- Amiante (Saint-Cyr-des-Gats, Bellegarde)
- Déchets dangereux (Bassens)
- Liquides et fluides (Bègles)
Pascal Rabiller