"Je continuerai à conduire tant qu'UberPOP n'est pas interdit"

Pauline Douillac

Pauline Douillac
Jeudi 16 octobre. Le tribunal correctionnel de Paris condamne la filiale française de la startup Uber à 100.000 € d'amende pour pratique commercial trompeuse, lui reprochant d'avoir présenté son service UberPOP comme un service de covoiturage alors qu'il s'agit dans les faits d'une offre payante de transports entre particuliers. Les juges ont notamment estimé qu'Uber était parfaitement consciente que l'offre UberPOP "était dès l'origine illégale au regard de la législation française sur le transport routier de particuliers". "Ce comportement caractérise une parfaite mauvaise foi dissimulée derrière un discours qui se veut progressiste", assène le jugement.
Pour rappel, depuis avril dernier, Uber était sous le coup des poursuites engagées par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Deuxième amende mais non financière cette fois : mentionner sur les deux sites français que les utilisateurs d'UberPOP encourent des risques de poursuites pénales.
Quelques heures plus tard, Uber répondait par une déclaration de Thibaud Simphal, directeur général Uber France, via un communiqué de presse.
Uber a donc choisi de jouer la montre, l'appel entraînant la suspension de la décision de justice.
Joint par téléphone, Alexandre Molla, directeur général expansion France d'Uber, pointe du doigt le cadre réglementaire vieillissant.
Neelis Kroes, la vice-présidente de la Commission Européenne, s'est dite prête à accompagner ce changement en affirmant : "La technologie perturbe de nombreux secteurs. Les taxis ne peuvent pas être exemptés. Nous devons travailler avec la technologie, non pas contre elle, ce n'est pas l'ennemi."
Le service UberPOP a été lancé il y a quelques semaines à Bordeaux. Un des premiers Bordelais à l'avoir utilisé a accepté de se confier à la rédaction de La Tribune - Objectif Aquitaine. Ce retraité bordelais, ancien officier de gendarmerie, est un conducteur occasionnel d'UberPOP.
Ce conducteur à ses heures perdues utilise UberPOP pour deux raisons : arrondir ses fins de mois et s'occuper.
Il avoue ne pas se préoccuper de la condamnation d'Uber et des risques de poursuites pénales encourues par les utilisateurs.
Ce qui pour lui a peu de chances d'arriver, compte tenu de l'attente des Bordelais quant au service.
Après plusieurs courses, le Bordelais juge que les personnes qu'il a vu passer entre ses portes, ne sont pas des clients potentiels de taxi.
Pour l'instant, l'utilisateur avoue ne pas crouler sous les demandes pendant qu'il est en service. En 4 h de temps, il fait en général une à deux courses. Pas de quoi s'inquiéter, juste le temps que le bouche à oreille fonctionne.
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Le Bordelais devrait donc continuer à rouler, tout comme UberPOP en France, tout en attendant avec impatience les décrets d'application de la loi Thévenoud, adoptée par le Parlement il y a quelques jours.
Pauline Douillac
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