Tonnellerie française, une championne menacée ?

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
La petite entreprise de la tonnellerie française ne connaît plus la crise. Après trois années de trou d'air, la tonnellerie française a retrouvé, dès 2012, son niveau d'activité d'avant la crise économique qui a suivi celles des subprimes américains. Lors de son dernier congrès, qui a eu lieu à Saint-Emilion, la Fédération des tonneliers de France (qui compte parmi ses membres 49 des 60 tonneliers recensés en France) a annoncé, pour 2013, une croissance de 3,6 % en volume et 3 % en valeur de l'activité du secteur. En 2013, les tonneliers français ont produit et écoulé 532.990 fûts pour un chiffre d'affaires global de 331,7 M€. Un chiffre d'affaires réalisé à 67 % à l'export, principalement aux USA, premier marché, en Australie, troisième marché après la France bien sûr, juste devant l'Italie et l'Espagne.
"Nous sommes la seule activité de la filière bois, qui même pendant la crise, a été excédentaire sur la place de la balance commerciale", souligne Jean-Luc Sylvain, PDG de la tonnellerie du même nom (Saint-Denis-de-Pile, 33) et président de la fédération qui se félicite des performances économiques de son secteur, de sa résistance et de son adaptation à la crise économique, mais qui s'inquiète néanmoins de son avenir... en France.
Dans le collimateur de la filière, il y a notamment des normes que la France s'impose en matière de sécurité au travail qui dépassent celles que l'Europe a fixées.
Ces dernières années, sous la pression de la crise et des demandes de plus en plus pointues des moins de 2 % de la production mondiale qui élève ses vins en barriques de chêne, la filière tonnellerie française a beaucoup investi, notamment en matériel. Aujourd'hui, elle souligne que les outils industriels flambants neufs dont elle dispose sont adaptés et réglés pour répondre aux normes européennes... pas à celles que la France veut s'imposer. A défaut d'être capable de changer, voire d'inventer des machines, elle ne voudrait pas être obligée de changer de pays.
Pascal Rabiller