Comment Exosun a réussi sa révolution solaire

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Quand en 2007 la société dirigée par Frédéric Conchy a vu le jour en Gironde, c'est en pionnier français qu'elle a débarqué sur le marché des centrales photovoltaïques.
Sa révolution solaire personnelle, c'est sa technologie brevetée : les "trackers" solaires. Ce sont des structures motorisées permettant d'orienter les panneaux photovoltaïques en fonction de la courbe du soleil dans le ciel pour augmenter considérablement leur production. La société a dû subir les hauts et les bas du marché français jusqu'au moratoire de fin 2010 qui a enlevé toute visibilité sur le marché du photovoltaïque en France.
En 2011, l'Etat réduit drastiquement le tarif de rachat de l'électricité produite par les installations solaires dont les grandes centrales photovoltaïques au sol (32 centimes d'euros par kWh fin 2010 contre seulement 6,86 centimes d'euros par kWh en 2014).
La "bulle" du photovoltaïque éclate mais grâce à une levée de fonds de 12 M€ (auprès d'Omnes Capital, de Grand Sud-Ouest Capital, d'Aquitaine Expansion et de l'Ademe dans le cadre des Investissements d'avenir), réalisée en 2012, Exosun parfaitement structurée pour passer ce cap, peut attendre son heure.
Et elle viendra vite car à partir du moment où l'Etat décide de réguler le marché des grandes centrales photovoltaïques au sol au travers d'un mécanisme d'appel d'offres, la société girondine enchaîne les contrats.
Exosun, qui réalise l'essentiel de son CA encore en France aujourd'hui, a su accompagner ces grands acteurs, comme aux USA en Californie où 12 mois tout juste après avoir ouvert une filiale à San Francisco, Exosun a décroché un marché à 10 M$. Mais Exosun sait aussi convaincre, toute seule, les acteurs locaux comme, toujours aux USA, l'américain Daetwyler Clean Energy, acteur majeur du montage de panneaux, qui propose désormais le système mis au point par la société girondine dans le cadre d'un partenariat commercial signé en octobre dernier.
Résultat : en un an, Exosun, qui compte 90 salariés dont 78 en France à Martillac, a vu son CA s'envoler de 800.000 € à 20 M€ (clôture de l'exercice en avril 2014) avec un résultat net qui s'élève à 1,4 M€.
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Une société qui regarde désormais vers d'autres marchés potentiellement porteurs, comme l'Afrique du Sud, où elle a récemment ouvert une filiale à Cape Town.
Les premiers recrutements sont effectués. La filiale de Cape Town va servir de base opérationnelle et commerciale pour les marchés prometteurs d'Afrique du Sud mais aussi du Mozambique, de Namibie, de l'Angola et du Zimbabwe.
En attendant, et pour faire face à la croissance de son activité, Exosun, qui est actuellement déployée sur trois sites distincts dans la zone de la technopole Montesquieu de Martillac, vient de lancer la construction d'un bâtiment de 1.200 m2. Livrable en mai prochain, situé dans la technopole, il accueillera à terme les employés des trois bâtiments actuels et hébergera l'activité française d'Exosun sur un terrain de 10.000m2.
Autant dire qu'Exosun entend croître encore en s'attachant à toujours suivre la révolution du solaire et la société girondine a raison car elle n'est pas la seule. Désormais, au moins un tiers des champs solaires qui sortent de terre dans le monde sont équipés de trackers. Exosun ne se contentera pas seulement du photovoltaïque traditionnel. La concentration solaire, la production simultanée de chaleur et d'électricité, le fuel saving... toutes les technologies et innovations et donc les marchés qui reposent sur une meilleure captation du rayon solaire sont à leur tour "traqués" par Exosun.
Pascal Rabiller
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