Expliseat et l’Aquitaine, pourquoi la greffe n’a pas pris

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
C'est sous la houlette et grâce à la capacité de persuasion de Christian Streiff, ancien PDG d'Airbus et de PSA, associé au projet, que les dirigeants de la jeune société Expliseat ont réussi à séduire le Conseil régional et son président Alain Rousset. Un président et son équipe qui ont su voir le potentiel économique, qui ne se dément pas, d'Expliseat, société créée en mars 2011 à Paris, qui souhaitait implanter la majeure partie de son équipe au plus près de l'industrie aéronautique et de sa sous-traitance.
La collectivité a fait preuve d'un sens de l'accueil et d'une bienveillance à la hauteur de l'opportunité économique et sociale possible avec le décollage de l'activité d'Expliseat.
Dans les faits, outre l'attribution de deux aides régionales (des avances remboursables) pour un montant total de 400.000 euros, la société a profité, gracieusement, d'un local au sein de la pépinière d'entreprises de Bordeaux Technowest à Mérignac.
Pour autant, dans les faits, la société Expliseat, si elle s'est installée dans les murs de la pépinière d'entreprises Bordeaux Technowest à Mérignac, n'a jamais vraiment fait appel à ses services et conseils. Bordeaux Technowest a eu du mal à associer cette société, qui développait son business à la vitesse grand V et qui n'a pas tardé à professionnaliser sa communication. C'est ainsi qu'elle imposait une charte graphique différenciée pour les stands collectifs ou encore la relecture, par une agence de communication, en l'occurrence Publicis, de tous les communiqués de presse produits par Bordeaux Technowest faisant citation d'Expliseat.
Finalement, au bout d'une année de présence sur site, la société a déménagé. En octobre 2013, elle s'est installée dans des locaux situés au centre de Bordeaux et, objectivement, plus adaptés à ses besoins et à ceux de ses salariés. A partir de ce déménagement, les espoirs de création d'emplois et d'activité en local pour une production qui devait être réalisée à 50 % en Aquitaine, le reste en Midi-Pyrénées, selon les déclarations (en juin 2013) des dirigeants de la société, se sont envolés.
Dès lors, si sur le site Internet d'Expliseat, le "Design office" reste toujours domicilié au 16 rue Ferrere à Bordeaux, le lieu, un loft, qui a accueilli jusqu'à huit employés, est désormais inoccupé. Désormais, il constitue un point de chute pour les salariés et cadres dirigeants d'Expliseat lors de leurs déplacements dans le Grand Sud-Ouest.
Mais l'économie impose le pragmatisme, et aujourd'hui la société, qui signe des contrats d'équipement et semble pouvoir réussir son pari d'imposer ses sièges allégés "Titanium", travaille pour son développement et l'assemblage uniquement avec des sociétés de Grenoble pour la partie titane et toulousaines pour la partie composites.
Du côté des services économiques de la Région, on reconnaît n'avoir pas grand-chose à reprocher à Expliseat, si ce n'est d'avoir eu du mal à dialoguer avec ses dirigeants ces derniers mois.
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Après des mois d'absence de dialogue, il semble que l'enquête réalisée par La Tribune - Objectif Aquitaine ait permis aux différentes parties du dossier de renouer le dialogue et donc d'avancer sur cette analyse. La semaine prochaine, une réunion est en effet prévue entre le service Développement économique de la Région et la direction d'Expliseat.
En attendant, l'Aquitaine a joué le jeu de l'accompagnement d'une entreprise française prometteuse, mais si finalement, elle a été mal "récompensée", elle peut toujours se consoler en reconnaissant qu'elle a aidé les sièges d'Expliseat à décoller... d'ailleurs.
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Pascal Rabiller