Laulhère, le résistant du béret français

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
C'est une société au bord du gouffre que la holding toulousaine Cargo (une douzaine de sociétés dans le secteur de la décoration, du bricolage ou encore des accessoires pour automobiles) avait repris mi-2012 à la barre du tribunal de commerce de Pau en promettant d'y investir 1,2 M€ en deux ans.
Cargo, qui avait réalisé cette acquisition via sa filiale Cargo - Promodis, spécialisée dans la production et la vente d'articles militaires et paramilitaires, avait alors récupéré un des derniers acteurs de la production française de bérets. Un acteur, Beatex (producteur des bérets de la marque Laulhère), qui ne comptait plus que 25 salariés.
A priori, cette approche de Laulhère s'est avérée payante. Depuis la reprise de la société, 20 emplois ont été créés à Oloron-Sainte-Marie, dans une unité de production qui bénéficie des labels Entreprise du patrimoine vivant et Origine France garantie.
Désormais, Laulhère, qui depuis début 2014 et le rachat de Blancq - Olibey (64) ne compte plus de concurrent fabricant de bérets en France (Il existe, néanmoins des ateliers de petite taille produisant des bérets, à l'image de Le Béret Français à Laas en Béarn) de sa taille puisqu'elle mobilise 45 salariés. Sa production s'est fortement développée, ses ventes aussi. Notamment à l'export où Laulhère réalise 30 % de son chiffre d'affaires (un CA réalisé à plus de 50 % grâce aux marchés militaire et paramilitaire).
Présente dans plus de 500 boutiques en France, la marque est également distribuée dans plus de 1.000 points de vente dans le monde entier et tente de contrer, dans les magasins de souvenirs fréquentées par les touristes de passage en France et pour lesquels le béret reste un symbole de la vie dans l'Hexagone, la production chinoise.
Laulhère, qui réalise environ 10 % de sa production en marque blanche pour des créateurs ou des marques françaises, insiste également sur un marché à forte valeur ajoutée : celui de la mode française.
Présente depuis ce matin et jusqu'au 26 janvier au salon Who's Next de Paris, précisément dédié aux nouvelles tendances de la mode, la maison Laulhère présente une collection automne-hiver dont elle espère qu'elle séduira les acheteurs venus du monde entier.
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Donnée pour morte en 2012, la maison Laulhère, qui ne fabrique pas que des bérets mais aussi des chapeaux, casquettes, gants et écharpes en déclinant son savoir-faire dans la maîtrise de la laine vierge merinos et angora, enregistre depuis sa reprise et donc sa sauvegarde une croissance annuelle à deux chiffres de son CA. Certes, la société n'est pas encore rentable mais, selon Rosabelle Forzy, elle devrait pouvoir l'être à l'issue de cette année 2015.
Pascal Rabiller