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Parentis : comment Vermilion résiste à la chute du cours du pétrole

Photo de Pascal Rabiller

Pascal Rabiller

Publié le 26 janvier 2015 à 10:55 - Mis à jour le 28 janvier 2015 à 08:11

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La chute du prix du baril de pétrole, qui a perdu 50 % de sa valeur en six mois, génère certes des opportunités économiques mais fait souffler un vent de panique dans le milieu de l’exploitation pétrolière. Très présent en France, notamment à Parentis-en-Born dans les Landes, le producteur canadien Vermilion explique sa stratégie de résistance.

En moins de six mois, le baril de pétrole a perdu 50 % de sa valeur. Bonne nouvelle pour certains pans de l'économie mais cette chute, inédite depuis au moins 6 ans, fait souffler un vent d'austérité chez certains groupes pétroliers comme Total, voire provoque des plans sociaux chez les équipementiers du monde pétrolier (Halliburton supprime 1.000 emplois hors des USA, Schlumberger 9.000). C'est la panique dans certains pays producteurs comme l'Algérie qui évoque une perte économique de 20 Md$ cette année.

L'entreprise pétrolière Vermilion REP (filiale de Vermilion Energy), premier producteur de pétrole brut de France, principalement installée dans les Landes à Parentis-en-Born où elle compte 100 de ses 190 collaborateurs français (ce qui représente un tiers de ses effectifs mondiaux), s'est spécialisée, en France, dans l'exploitation de puits anciens, via une technique qui lui permet de prolonger leur vie. C'est ainsi qu'elle exploite des puits rachetés à des groupes comme Esso et Total. Une technique qui lui permet d'extraire 2.000 barils par jour du sous-sol français mais qui est plus coûteuse que les techniques plus "classiques" d'extraction préférées par les grands groupes pétroliers.

"En 2004, notre modèle économique était pertinent, il l'est toujours !"

Alors que le prix du pétrole s'est effondré et que, selon des spécialistes du secteur, le baril à 50 dollars pourrait bien devenir un phénomène durable, la question de la pérennité du modèle économique de Vermilion se pose de fait. Pas pour Jean-Pascal Simard, son directeur des relations publiques Europe :

"Il faut se souvenir qu'en 2001, nous étions déjà présents et le baril était à 16 ou 18 $ et qu'en 2004, quand nous avons obtenu le renouvellement de notre permis d'exploiter jusqu'en 2031, le baril était au même niveau qu'aujourd'hui. A l'époque, notre modèle économique était pertinent, il l'est toujours !"

Pour autant, comme les autres acteurs du secteur, Vermilion Energy doit s'adapter à un environnement économique qui rend son pétrole moins rentable.

"Le groupe a mis en place un plan d'économie, nous allons limiter nos investissements à l'échelle mondiale, mais ce plan n'aura pas de conséquences sociales en France. Nous ne réduisons pas nos effectifs mais nous gelons les embauches. Nous, salariés de Vermilion, sommes tous actionnaires de la société, aussi nous sommes tous conscients de la nécessité de faire des efforts..."

La France reste une priorité côté investissements

Des salariés actionnaires français qui ont reçu un signal rassurant. Vermilion Energy réduit certes l'enveloppe globale de ses investissements mais l'Hexagone semble demeurer une de ses priorités. Le pourcentage de cette enveloppe attribuée à la France n'évolue pas, il représente toujours 25 % du montant total, soit environ 65 M€.

"Les tensions sur le marché du pétrole pèsent sur nos investissements mais nous restons très actifs en France. Nous poursuivons notre politique d'exploration. Nous optimisons nos puits qui ont encore un très bon potentiel, nous ajoutons des forages, quatre nouveaux puits en 2015 sur nos concessions, nous déposons des permis comme il y a quelques jours en Alsace. Bref, nous investissons dans tous les secteurs, de l'exploitation à la R&D, qui est basée à Parentis-en-Born, en passant par l'exploration pure. Nous croyons beaucoup au potentiel pétrolier français."

"Pétrole de schiste ? Ce sujet n'existe pas en France !"

Un potentiel qui ne passe pas par les pétroles de schiste.

"Aucune ambigüité là-dessus. La loi est la loi. Dans les pays où l'exploitation est autorisée, nous sommes présents dans cette technique d'extraction. En France, que les choses soient claires : nous nous en tenons à la réglementation. Nous sommes là depuis 18 ans, nous ne sommes pas de passage ! Nous nous interdisons même d'y penser, contrairement à ce que disent des associations, certains élus, ce sujet n'existe pas en France pour Vermilion REP !" affirme Jean-Pascal Simard.

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En France, Vermilion, qui se vante d'être une société pragmatique, gérée en "bon père de famille", préfère investir dans des secteurs où on ne l'attendait pas forcément comme le développement durable et l'optimisation de l'énergie dite fatale libérée par son activité.

"Contribuer au développement de l'économie locale"

"Nous allons chercher le pétrole à 2,4 km de profondeur. Nos process génèrent donc du gaz et de l'eau chaude que nous cherchons désormais à valoriser en créant, autour de nos exploitations, un écosystème économique. Cela a commencé à Parentis-en-Born, où nous exploitons 80 puits, après une belle rencontre qui a débouché sur un partenariat avec les Paysans de Rougeline. Le résultat ? C'est la société Tom d'Aqui et trois gigantesques serres chauffées grâce à l'énergie libérée par nos puits de pétrole. C'est 300 salariés consacrés à la production de tomates de grande qualité et économiquement compétitives."

Une expérience regardée de près par l'ensemble du groupe Vermilion et qui pourrait faire des émules un peu partout dans le monde.

"En attendant, c'est en France que nous voulons développer des partenariats de ce type. Nous lançons un appel aux investisseurs potentiels. Nous pouvons, dans chacune de nos concessions, fournir de l'énergie à moindre coût pour leurs process et donc contribuer de manière certaine au développement de l'économie locale."

Pascal Rabiller

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