Pourquoi Sokoa trône toujours sur le siège de bureau

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Les années 2011 et 2012 sont oubliées pour la société basque Sokoa (230 salariés sur son site industriel et son siège d'Hendaye, 450 salariés avec les filiales dont Eurosit à Nevers qui a connu une progression de son CA de + 30 % en 2014). Des années certes marquées, comme pour les autres entreprises du secteur, par la crise du secteur mais aussi, dans son cas, par un investissement qui stratégiquement était judicieux mais qui s'est avéré coûteux à l'usage avec la prise de participation dans Arféo (mobilier de bureau). Oubliée donc l'année 2012, année de la fin de l'aventure, qui a aussi été la seule année de non rentabilité de toute l'histoire du groupe Sokoa, créé en 1971.
Aujourd'hui, Pierre Odriozola, DG de Sokoa SA, peut présenter aux 790 actionnaires (dont l'ensemble de ses salariés) un chiffre d'affaires qui dépasse les prévisions. En 2014, Sokoa a réalisé 36,1 M€ de CA en hausse de 5,1 % par rapport à 2013 (34,38 M€). Elle en attendait 35,5.
Un M4, qui comme les autres modèles de la marque, résulte du travail collaboratif que Sokoa entretient avec des designers embarqués, ou non, comme Jean-Louis Iratzoki, Ilô Créatif, Alfredo Acevedo, l'italien Angelo Pinaffo ou encore l'allemand Martin Ballenda, et qui semble "taillé" pour le marché export.
Sokoa, qui vient de recruter sa troisième commerciale export, souhaite mettre l'accent sur l'Amérique du Nord (où le M4 a reçu un prix du design lors du dernier salon Chicago Athenaeum) et le Royaume-Uni. Sa nouvelle gamme de chauffeuses "softseating", baptisées Mendi et dessinées par Jean-Louis Iratzoki, pourrait également recevoir un bel accueil lors des salons professionnels à venir, comme celui de Dubaï dans quelques mois.
Sans attendre un nouveau succès commercial, Sokoa a considérablement remis à plat son organisation interne. A l'issue d'un audit industriel, financé avec l'aide du Conseil régional, Sokoa a lancé une opération baptisée Hobeki (faire mieux en basque) qui modifie le process industriel et bannit l'historique séparation entre les ateliers de montage et de tapisserie.
Sokoa a, en parallèle, mis en place de nouveaux modes de management de la performance. "Nous espérons récolter les fruits de ces réorganisations en 2015" avoue Pierre Odriozola. En perpétuelle recherche d'optimisation, Sokoa traverse la grave crise qui touche le marché du mobilier de bureau sans flancher.
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Salariés, actionnaires, dirigeants... qui souvent sont les mêmes, ont tout intérêt à voir Sokoa continuer de performer. Ils ne sont pas les seuls, car Sokoa est aussi un des moteurs de l'économie régionale en général, et du Pays basque en particulier. Entre ses filiales et ses différentes participations dans d'autres activités locales, la société, certifiée depuis 2011 Iso 26000 (responsabilité sociale et environnementale), est au centre d'un pôle qui compte plus 3.500 emplois.
Pascal Rabiller
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