Depuis Bordeaux, SFRI investit au Cameroun et à Milan

Jean-Philippe Dejean

Jean-Philippe Dejean
Installée à Saint-Jean-d'Illac (agglomération de Bordeaux) SFRI, qui emploie 25 salariés pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 5 M€, fabrique des automates d'analyse en hématologie et biochimie et les réactifs qui vont avec. L'an dernier SFRI a ainsi mis sur le marché un nouveau compteur de cellules à faible cadence, le Hemix 3-30, adapté aux besoins des très petits laboratoires d'analyse biologique, avec une consommation réduite en réactifs.
Si ses clients sont essentiellement des petits laboratoires d'analyse, SFRI compte désormais Médecins sans frontières (MSF) parmi ces derniers. Malgré sa taille modeste, SFRI vend ses automates et ses réactifs dans plus de 80 pays émergents, avec une présence marquée en Inde et de grandes ambitions au Cameroun. SFRI intervient partout sauf en Amérique du nord, en Europe et au Japon... L'analyse comparative faite par Gilles Mougin des deux plus grands pays émergents de la planète est très tranchée.
Les automates, "des produits fabriqués en propre pour la plupart", sont développés en partenariat avec d'autres entreprises et assemblés en France, Europe et Asie, tandis que la fonction recherche et développement - centrée sur les réactifs -, est à Saint-Jean-d'Illac, où travaillent en particulier trois chimistes.
Centrée jusque-là sur les marchés de l'hématologie et de la biochimie, SFRI est en train de prendre un virage historique vers l'immunologie avec la prise de contrôle, en janvier dernier, d'une petite entreprise de Bologne (Italie) spécialisée dans le développement d'automates pour les analyses en immunologie. Ce qui a conduit Gilles Mougin à créer une filiale à Milan.
Pour chapeauter cette acquisition, le PDG annonce la création d'un groupe baptisé Neovitea.
Par ailleurs, l'implication de SFRI en Afrique se traduit notamment par la mise en place d'un important partenariat avec les autorités sanitaires du Cameroun. La PME a accueilli début mars une délégation de ce pays menée par le professeur Jean-Louis Essamé Oyono, directeur général de l'Institut de recherche médicale et d'études de plantes médicinales (IMPM) CamDiagnostic, qui dépend du ministère de la Recherche scientifique et de l'innovation du Cameroun. Objectif : construire dans ce pays une usine de réactifs en hématologie et biochimie.
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SFRI est présent au Cameroun depuis sept ans et a déjà installé sur place tout un parc d'automates. Ce projet s'accompagne d'un programme de formation des laborantins. "Une partie de l'opération sera financée par SFRI dans le cadre d'un partenariat public privé. Le montant des investissements n'est pas encore arrêté", relève le dirigeant. Avec ces nouveaux développements, Gilles Mougin veut porter son chiffre d'affaires à 10 M€ d'ici quatre ans.
Jean-Philippe Dejean