Sofins, le "grand marché" des forces spéciales

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Nichée au fond du gigantesque camp militaire de Souge, près de Bordeaux (Martignas), sous des tentes posées au milieu de nulle part, entre une friche et des bâtiments paraissant à l'abandon, la deuxième édition du Sofins, tout comme la première édition organisée en 2013, se déroule dans un cadre adapté à sa finalité. Sur ce terrain, véritable antre du 13e Régiment de dragons parachutistes, le Sofins est dans son élément et dans un cadre qui ne dépayse pas ceux auxquels ce salon est dédié : les forces spéciales.
(A l'entrée du Sofins 2015)
Le Sofins, organisé, et largement porté, financièrement, depuis 2013 par l'agence bordelaise Territoires & Co en soutien à l'association Le Cercle de l'Arbalète, à la demande du commandement des forces spéciales, placé sous le haut patronage du ministère de la Défense, avec l'aide du Conseil régional d'Aquitaine, est l'unique "point de contact" pacifique entre les industriels, grandes entreprises, PME et même startups du monde militaire et de la Défense et les acteurs, décideurs et acheteurs des forces spéciales du monde entier.
Un rendez-vous qui, dès la deuxième levée, semble s'inscrire dans le calendrier des forces spéciales. C'est en tout cas le souhait et constat de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense qui vient tout juste de l'inaugurer.
Un "intérêt" qui va se traduire, en France, selon le ministre, par la montée en puissance humaine (3.000 éléments actuellement, 4.000 très prochainement) et matérielle.
En matière de mobilité, le ministre a annoncé ce matin qu'il s'intéressait de près au renforcement de la flotte des hélicoptères des armées françaises. En attendant, et même si les hélicoptères sont bien représentés sur le salon, le Sofins est avant tout un lieu de rencontres entre les responsables et membres de forces spéciales et leurs équipementiers, actuels ou potentiels.
(Exposition de matériel roulant et volant)
"Avec le Sofins, nous trouvons là l'illustration de notre volonté", explique Jean-Yves Le Drian. "Nous voulons raccourcir au maximum la boucle entre innovation, développement et acquisition en matière de Défense", expliquait le ministre ce matin. Information reçue cinq sur cinq par certains des exposants locaux du Sofins. A l'image de Helileo, société dacquoise, petite PME de 12 personnes, principalement des ingénieurs, qui est spécialisée dans la mise au point et la vente de solutions de géolocalisation.
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A quelques mètres de là, la société girondine Falières Nutrition exposait ses repas lyophilisés qui semblaient fortement intéresser des militaires US... à midi ce jour. En face, ou presque, le stand de Photonics, leader mondial (DG à Mérignac, 174 M€ de CA, 1.000 salariés) de l'optique électronique et de l'amplification de lumière présente une innovation mondiale : "Nous allons proposer, dans quelques semaines, un dispositif qui permet, dans le noir quasi absolu, moins de 100 microlux, de voir comme en plein jour... jusqu'aux couleurs !" Une innovation qui va recevoir, en juin prochain, le prestigieux Prix Chanson décerné par l'armée de Terre.
Le Sofins est donc vitrine de l'innovation au service des forces spéciales, une rencontre désormais incontournable, en Europe, entre l'industrie et les services tous azimuts et les militaires. Un salon qui semble déjà incontournable. Bref, un rendez-vous qui se défend bien.
Pascal Rabiller