Grâce à la SNCF, NFC-Interactive met le cap sur une levée de fonds de 2 M€

Pauline Douillac

Pauline Douillac
Allier le monde de l'entrepreneuriat et de la recherche. Tel est le pari des quatre associés de NFC-Interactive. Trois sont issus du monde de la recherche, un de l'entreprise. S'ajoutent aux quatre hommes un salarié, un ingénieur sorti du Labri (Laboratoire bordelais de recherche en informatique). NFC-Interactive voit le jour en juin 2014. A son origine, on retrouve Serge Chaumette, enseignant chercheur au Labri. De 2010 à 2012, celui qui outre les nouvelles technologies est aussi expert en drones était le responsable bordelais d'un programme de recherche européen, Smart Urban Spaces, dont le chef de file était le groupe Gemalto. A la suite de ce programme, les chercheurs impliqués se rapprochent d'Aquitaine Science Transfert. La structure créée dans le cadre du programme des Investissements d'avenir par Alain Juppé et Michel Rocard décide d'accompagner le projet et fait rencontrer Serge Chaumette et Nicolas Bournet, ancien secrétaire général de la chaîne locale TV7. Ce dernier est aujourd'hui président de la startup, dont l'équipe se partage entre les locaux de la pépinière éco-créative des Chartrons et le laboratoire du Labri à Pessac, et s'occupe d'aller présenter les services numériques mis au point par NFC-Interactive. Des services utilisant la technologie NFC (Near Field Communication) (1) déclinés aujourd'hui principalement pour les acteurs du monde culturel : musées, villes, offices de tourisme, organisateurs d'événements...
Le positionnement de la startup : rendre tous les lieux connectés (magasin, site historique, musées, gare, stade, transports publics...) à son usager (clients, visiteurs, administrés...) grâce à des technologies de proximité dont le NFC, le Wifi, le Bluetooth...
NFC-Interactive a notamment déployé Museum Quest, un quiz sous forme d'appli mobile dédiée à la visite du musée de Normandie à Caen, Visit Helsinki, une application qui propose de visiter la ville finlandaise grâce à une carte sur laquelle sont indiqués les monuments, une solution de carte d'abonnement dématérialisée pour des congressistes se rendant à Bordeaux utilisable dans les tramways, bus et batcubs... Des services qui séduisent aussi bien les usagers que les lieux de par la facilité de connexion.
La Ville de Bordeaux s'est montrée intéressée et souhaiterait déployer les services de NFC-Interactive dans ses musées. La startup pense également élargir son champ d'activité et aimerait connecter les commerces. Membre du cluster Eurosima (Anglet), elle est discussion avec des marques de glisse notamment Quiksilver et Rip Curl pour développer un concept de magasin connecté et le tester dans un magasin phare d'une de ces marques. Le client pourrait avoir accès en posant son téléphone sur le tag NFC, collé sur une pancarte, aux informations sur le produit, aux conseils d'utilisation, à la disponibilité du produit...
Autre voie de développement pour la startup : l'aspect maintenance. Le positionnement ne serait plus de rendre un lieu connecté à son usager mais au technicien.
Ce service a tapé dans l'œil de la SNCF, qui se verrait bien le développer pour ses infrastructures. C'est suite au Challenge national des services sans contact que la startup bordelaise a rencontré celui qui devrait l'amener vers la rentabilité.
Dans le cadre du plan Services sans contact de la Nouvelle France industrielle, BNP Paribas, Bpifrance, Carrefour, le CNRFID, Orange et SNCF lancent un challenge dédié aux startups / PME des services sans contact. NFC-Interactive est sélectionnée et se retrouve à pitcher en mars dernier au ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi à Bercy. Les trois minutes de pitch auront suffi à Nicolas Bournet et Serge Chaumette pour convaincre la SNCF de lui remettre le prix éponyme.
Ce qui n'aurait pu être qu'un prix est finalement beaucoup plus. Les deux hommes découvrent qu'être lauréat signifie avoir à disposition un bureau à Paris et font la rencontre du directeur général de SNCF Développement Cyril Garnier. Ce dernier décide de les intégrer au Plan numérique & innovation de la SNCF, qui prévoit 400 M€ d'investissements dans le numérique d'ici trois à quatre ans. La startup ne pouvait pas rêver mieux, elle qui avait besoin de mettre un premier pied dans un grand groupe pour lancer son service. Une grosse réunion est prévue avec la SNCF à la fin du mois pour travailler à la réalisation de ce partenariat.
D'autres entreprises se montrent intéressées par la startup bordelaise notamment Liséa et sa filiale Mesea chargée d'assurer l'exploitation et la maintenance de la LGV mais aussi ERDF pour qui NFC-Interactive devrait collaborer sur une gros chantier bordelais à la rentrée scolaire.
La startup qui s'est attachée pendant sa première année de création à se faire connaître localement devient aujourd'hui de plus en plus connue à l'échelle nationale. De quoi bien aborder une levée de fonds prévue pour septembre 2015. "Nous avons des arguments et de quoi faire une levée de fonds correcte", expliquent Nicolas Bournet et Serge Chaumette, qui se disent prêts à ouvrir le capital et espèrent lever 2 millions d'euros. Des fonds qui permettraient à la startup de recruter 5 personnes d'ici à la fin de l'année, 20 en 2016, et 5 en 2017 et ainsi attaquer le développement à l'international au Canada, aux Etats-Unis, en Espagne, en Finlande, à Hong Kong...
(1) Fin 2014, 7,2 millions de téléphones étaient équipés de la technologie NFC en France. L'iPhone n'est pas équipé de la technologie NFC à l'exception de l'iPhone 6 (usage limité aux Etats-Unis).
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Pauline Douillac
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