A Blanquefort, le vice-président de Ford recadre la production

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
"John Fleming est le patron mondial des activités industrielles du groupe Ford et le vice-président industriel : tous les trimestres il vient en Europe. Avant d'être aux Etats-Unis, il présidait Ford Europe et il connaît bien Bordeaux, où il a pris une part très active à la création de la filiale girondine de Getrag Ford Transmissions (GFT) à Blanquefort", rappelle une source proche de la direction de Ford Aquitaine Industries (FAI), à Blanquefort. Si FAI (984 salariés), spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques, est la plus ancienne, GFT (plus de 730 salariés), centrée sur la production de boîtes de vitesses manuelles, n'est éloignée que de quelques dizaines de mètres de la première. FAI assure plusieurs activités, dont la fabrication d'une transmission à double embrayage (DCT ou DC500), qui est assemblée à l'usine GFT de Kechnec, en Slovaquie. La chose est connue depuis plusieurs mois : cette activité a connu de nombreux problèmes. Dans un document confidentiel destiné au management de FAI, que La Tribune Objectif Aquitaine s'est procuré via la CGT, John Fleming, qui était à Blanquefort en mai, décortique la fabrication du DC500.
"Je ne sais pas comment ce document est arrivé dans les mains du syndicat, je ne l'ai pas lu et je n'ai aucun commentaire à faire à ce sujet" prévient notre source proche de la direction. Dans ce document, dont la CGT annonce avoir reproduit la "version intégrale", John Fleming se montre critique envers l'organisation industrielle de la production du DC500. Une analyse qui met du baume au cœur des syndicalistes qui dénoncent depuis des mois des dysfonctionnements qu'ils mettent sur le compte d'une réduction drastique des coûts.
Le patron mondial des activités industrielles n'est pas venu tout seul à FAI, mais accompagné d'un groupe d'experts en méthodes industrielles, qui s'est livré à un audit pointu du système de production. Avec comme objectif d'arriver rapidement à fabriquer 826 DC500 par jour, après un premier palier à 650/jour. Tout en admettant que le manque d'experts en méthodes a dû peser sur les problèmes de production du double-embrayage, sans qu'il soit possible de le quantifier précisément, John Fleming explique, concernant la recherche des bons paramètres de production, qu'il "n'est pas possible de se laisser entrainer dans une longue série d'expérimentations". Le patron de la production industrielle achève son analyse par un conseil plutôt franc.
S'il refuse de commenter ce document, notre interlocuteur décortique la visite de John Fleming.
Ce que ne dément pas la CGT (majoritaire) qui estime que "même très tardivement" Ford a mis des moyens pour réussir la production du DCT, avec "un peu d'investissements, des effectifs renforcés avec notamment le recrutement de 50 intérimaires". Le syndicat continue cependant à dénoncer une insuffisance des moyens financiers mis par Ford à FAI.
Jean-Philippe Déjean
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