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Restauration livrée : Deliveroo et Take eat easy s'implantent à Bordeaux

Photo de Mikaël Lozano

Juliette Agay

Publié le 26 novembre 2015 à 08:18 - Mis à jour le 26 novembre 2015 à 10:38

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Les deux géants de la livraison de repas à domicile Deliveroo et Take eat easy s'implantent dans la métropole bordelaise. Face à la rude concurrence du Français Allo Resto, c'est armées de nouvelles stratégies que les deux startups comptent séduire de nouveaux consommateurs bordelais.

La livraison de repas à domicile, une tendance directement issue des Etats-Unis, promet un succès fulgurant en France. Et pour cause : selon Rocket Internet, le marché devrait peser 90 milliards d'euros en Europe d'ici quelques années, soit près de 16 % du marché global de la restauration. Si le concept fonctionnait un peu au ralenti ces derniers temps (contrairement aux Etats-Unis ou à Londres où il a explosé), depuis quelques mois, beaucoup se lancent dans sa conquête. Au risque, pour le consommateur, de s'y perdre face aux nombreux concurrents émergents. Tous se multiplient : Allo Resto, Deliveroo, Take eat easy ou encore Uber eats en test à Paris, autant de startups de restauration à domicile qui ne cessent de croître et qui font saliver restaurateurs et consommateurs.

Un marché en plein boom

Le principe ? Commander en quelques clics le plat de son restaurateur préféré et se le faire livrer en moins de 30 minutes. Le service est disponible en ligne sur Internet ou sur une application pour téléphone. Tous ou presque proposent à l'utilisateur de suivre le parcours de son coursier en temps réel sur une carte.

Alors que le marché de la restauration est plutôt en baisse, la restauration livrée se révèle une alternative goûteuse avec un potentiel énorme dans les grandes villes. En France, ce secteur en est encore à ses débuts. Ainsi, sur 150.000 restaurants, environ 6.000 d'entre eux sont en mesure d'assurer la livraison. A Bordeaux, le Français Allo Resto se positionnait comme le principal acteur du marché. Désormais, il se voit menacé par l'apparition du leader londonien Deliveroo et de la startup belge Take eat easy.

Take eat easy a sélectionné dans son offre essentiellement des restaurants bordelais tendances (crédit Take eat easy)

Une concurrence rude qui nécessite de se différencier

Overdose, saturation ? Telles sont les effets que souhaitent à tout prix éviter les acteurs de la restauration livrée. Ainsi, chacun mise sur une stratégie différente.

Née à Londres en 2012, la startup anglaise Deliveroo "jouit de son expérience de leader londonien pour garantir une qualité opérationnelle à ses consommateurs", assure Guillaume de Richemont, manager régional Deliveroo Bordeaux. Leur récente levée de fonds de 100 millions de dollars (94 millions d'euros) annoncée le 24 novembre 2015 leur permet de se déployer à grande vitesse sur l'ensemble de l'Hexagone, mais également de se projeter en Asie, en Australie et dans la péninsule Arabique.

De son côté Mamoun Skalli, manager centre-ville de Take eat easy, résume :

"On a fait le choix de se focaliser sur les restaurants tendances, les it restaurants connus et appréciés de la plupart des Bordelais. Le cœur de notre offre est principalement basé sur du premium, et notre site plus ergonomique."

My Little Café, Kokomo ou encore Sushiman, c'est avec près de 35 restaurants de Bordeaux que Deliveroo s'est associé.

"Les établissements avec lesquels on travaille sont choisis en fonction de leur qualité et de leur renommée. On a également une attention particulière pour les restaurants de quartier qui permettent d'offrir une cuisine riche et diversifiée à nos clients", témoigne Guillaume de Richemont.

La startup belge Take eat easy (qui compte 150 employés dont 5 à Bordeaux) affirme choisir les établissements avec lesquels elle travaille "selon des critères très exigeants en accord avec notre offre et notre positionnement". C'est en respectant ses critères que le Santosha, Fufu ou encore Upper Burger sont entrés dans la boucle de Take eat easy.

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Des modèles économiques similaires

Les coursiers de Deliveroo, appelés les "Roomen" se déplacent principalement en vélo, également en scooter. Pour la startup bruxelloise Take eat easy, c'est uniquement en vélo que le transport se fait :

"D'une part pour la rapidité que cela implique à travers Bordeaux intra-muros mais surtout pour la caractéristique écologique de ce moyen de transport", précise Mamoun Skalli, manager centre-ville de Take eat easy.

Toutes deux utilisent un modèle économique identique : la facturation de leur livraison est établie à hauteur de 2,50 € (pour un minimum de 15 € de commande) et la rémunération des salariés se caractérise par une commission auprès des restaurateurs de l'ordre de 30 % en moyenne. Les coursiers des deux startups ont un statut indépendant d'auto-entrepreneur conventionné.

Malgré le succès promis de ce nouveau service, la question de la légitimité sur le marché vient remettre en cause la place de ces nouveaux acteurs et ce qu'ils peuvent espérer de la capitale girondine.

"Pour moi, il y a trois offres différentes, malgré un service identique les gammes ne sont pas les mêmes. Chacun a son positionnement et se distingue ainsi de ses concurrents. De ce fait, oui il y a de la place pour tous", estime Mamoun Skalli.

Juliette Agay

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