eDevice : aux USA le boss de la santé connectée est français

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Une "near death experience", en bon français on dit : une expérience de la mort imminente. C'est ce qu'aime à évoquer Marc Berrebi quand il retrace brièvement le parcours de la société qu'il a créée en 1999 avec son associé Stéphane Schinazi, à Mérignac, près de Bordeaux.
Difficile de croire, au regard de ce qu'est devenue la société eDevice, qu'il a 10 ans tout aurait pu s'achever par une faillite. Pourtant tout commence bien quand, au début des années 2000, la société bordelaise lève 15 M€ autour d'une promesse : l'avènement de l'internet des objets.
Si son expertise unique bluffe les investisseurs, ces derniers vont quand même s'user en attendant les premiers contrats.
2004 voit la première sortie d'investisseurs, 2008 la seconde et dernière...
Dans le même temps, Edelia, filiale d'EDF, et principal client de eDevice, met fin, sans préavis, à un accord technologique portant sur le compteur connecté qu'elle venait pourtant de finaliser avec eDevice huit jours plus tôt (NDLR : eDevice vient tout juste de gagner le procès qui l'opposait depuis à Edelia). "Techniquement, c'était fini pour nous", résume Marc Berrebi.
En fait, techniquement eDevice est au top, et c'est le marché nord américain naissant de la santé connectée qui va s'en rendre compte le premier. Un juste retour des choses finalement, car c'est en se rencontrant à New York que Marc Berrebi et Stéphane Schinazi avaient créé eDevice en 99.
Alors que la société travaille déjà pour Honeywell Medical, c'est le leader mondial du pacemaker, un autre américain, Medtronic, qui va définitivement changer le destin d'eDevice. Anticipant les besoins de connexion de ses équipements installés sur des patients et nécessitant une surveillance régulière, Medtronic lance un appel d'offre international sur cette question de l'échange de données de machine à machine...
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Dès lors, le secteur US de la santé connectée leur ouvre ses bras. Après ce contrat majeur, d'autres ont suivi.
Marc Berrebi, cofondateur de eDevice
Une société qui compte 29 salariés, dont 25 à Mérignac près de Bordeaux. Des représentations commerciales à Milwaukee, Tel Aviv et à Genève, qui a réalisé 19 M€ de chiffre d'affaires en 2015 (99,7% à l'export, 80% aux USA) avec une croissance de 150% entre 2014 et 2015. Un rythme de croissance qui va s'accélérer cette année.
Dix ans après être revenue de nulle part ou presque, eDevice, qui est désormais détenue à 100% par son management, figure dans le palmarès Manageo des 100 PME les plus rentables de France, à la 82e place.
La technologie avant-gardiste d'eDevice a trouvé, aux USA, les applications médicales qui portent son activité.
La plus américaine des sociétés bordelaises s'est imposée aux USA et pourrait se contenter de ce marché prometteur qui a, selon tous les spécialistes, plus de 20 ans de croissance devant lui, mais elle n'a pas renoncé à s'imposer en France où sa notoriété est infiniment plus faible qu'outre-Atlantique.
Pour cela, elle planche sur un produit de suivi complet des patients, une solution de "Remote Patient Monitoring" favorisant le maintien à domicile des patients. Un produit estampillé eDevice qui reliera les patients, leurs proches et leur médecin, qui devrait être commercialisé à partir de 2017. eDevice compte adresser le marché français voire européen avec ce produit innovant.
En attendant, la société qu'il co-dirige avec Stéphane Schinazi réfléchit sérieusement à des opérations de croissance externe pour élargir encore son champ d'expertise et favoriser la diffusion à l'export de l'innovation française.
C'est depuis son siège social de Mérignac, près de Bordeaux, qu'eDevice développe son activité quasi essentiellement concentrée sur l'Amérique du Nord.
Pascal Rabiller
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