Santé animale : le Français Ceva vacciné contre l'échec ?

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Les années se suivent et se ressemblent pour le laboratoire girondin Ceva Santé animale. Comme chaque année depuis sa création, l'ancienne filiale de Sanofi, indépendante et détenue par ses cadres, depuis 1999 dans le cadre d'un LMBO, enregistre une nouvelle croissance à deux chiffres à l'issue de 2015.
Les années se ressemblent mais l'ancien petit laboratoire libournais a beaucoup changé, devenu, entre temps, une des entreprises de taille intermédiaire les plus prometteuses de France.
Aujourd'hui, le groupe vétérinaire réalise 857 M€ de chiffre d'affaires et pointe désormais au septième rang mondial de son marché. Mieux, son rythme de progression qui s'appuie en partie sur des opérations de croissance externe devrait lui permettre d'atteindre, dès 2020, le top 5 mondial.
En France, c'est la première marche du podium qui lui est promise : d'ici la fin de l'année, Ceva devrait passer devant le groupe Virbac créé en 1968 (siège à Carros - 06)... si ce n'est pas déjà fait, car ce dernier vient d'annoncer un chiffre d'affaires de 853 M€.
Marc Prikazsky, au moment de la signature de l'acquisition, par Ceva, de l'indien Polchem
Quoi qu'il en soit, le laboratoire girondin poursuit sa marche en avant et annonce, ce jour, une nouvelle opération de croissance externe. Il s'agit d'une société indienne, Polchem, basée à Pune, à 160 km de Bombay, qui compte 270 personnes et son propre laboratoire de R&D. Ce laboratoire est installé dans au cœur d'une région de production de volailles. Créé il y a 25 ans par un ingénieur chimiste, Nitin Sahasrabudhe, et un microbiologiste vétérinaire, Milind Lamaye, Polchem dispose d'une solide réputation pour ses produits de compléments alimentaires et désinfectants pour les secteurs avicole et laitier. Ceva va ajouter son expertise en matière de vaccination aviaire (Ceva est le numéro 3 mondial en biologie aviaire) et de produits pour ruminants au catalogue des propositions de Polchem qui constitue, pour Ceva, le partenaire idéal pour aborder le marché hautement stratégique de l'Inde.
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Dans le même temps, le dirigeant français précisait que le laboratoire français s'apprêtait, pour 2016, à investir 80 M€ pour la modernisation de ses principaux sites de production, dont les deux sites français de Loudéac et Libourne mais aussi aux USA, en Chine et en Hongrie.
Outre cette enveloppe d'investissements, Ceva, qui a dégagé un résultat opérationnel supérieur aux attentes, entend consacrer plus de 10 % de son CA en R&D (50 % en pharma, 50 % en biologie) cette année.
Une stratégie R&D qui lui permet, cette année, de lancer deux produits innovants : Amodip, premier traitement pour l'hypertension féline, et surtout Velactis, seul facilitateur de tarissement pour les vaches laitières. Deux produits qui pourraient contribuer à lui assurer une nouvelle année de croissance à deux chiffres.
Pascal Rabiller
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