Saint-Jean-de-Luz, un renouveau économique en marche

Nathalie Hallery

Nathalie Hallery
Durant des décennies, l'économie de Saint-Jean-de-Luz a été portée par le port puis par le tourisme. Aujourd'hui, si ces deux secteurs traditionnels sont toujours des moteurs importants, c'est sur l'océan que la ville mise désormais. Contrairement à d'autres cités côtières, Saint-Jean-de-Luz n'a pourtant jamais vraiment tourné le dos à la mer avec un port et des activités liées aux produits de la mer plus ou moins intenses suivant les époques. Mais les derniers projets ont de nouveau comme un goût marin. Et c'est dans la zone d'activité Jalday, à l'entrée nord de la ville, qu'une halle créative dédiée aux start-up innovantes des filières liées à la glisse, au nautisme ou aux sports aquatiques verra le jour dans quelques mois. La présence de Quiksilver n'est pas étrangère à cette nouvelle dynamique.
C'est en effet sur les zones d'activité de Jalday et de Laiatz que se situent les sièges d'entreprises de taille européenne voire mondiale comme Quiksilver que l'on ne présente plus et qui compte pas moins de 600 salariés sur son "campus" luzien. Le groupe Olano, le leader européen dans le secteur de la logistique et du transport frigorifique, y affiche un chiffre d'affaires de 300 M€. Sans oublier BBraun (220 salariés) et Bioluz (49 salariés), deux fleurons locaux de l'univers médical et pharmaceutique.
A proximité immédiate de l'autoroute A63, ces zones d'activité génèrent près de 2.300 emplois dans plus de 250 entreprises. "Nous avons souhaité réaménager ces sites pour en faire de véritables quartiers d'activités", poursuit Manuel de Lara. Avec des cheminements piétons sécurisés, l'implantation de restaurants ou encore de services, ces ZA ressemblent de moins en moins aux îlots perdus et déconnectés des années 70. La logique de vie et le bien-être des salariés et des utilisateurs de ces nouveaux espaces ont remplacé l'esprit fonctionnel qui avait prévalu lors de leur création.
Dans le centre-ville, les choses bougent aussi. Les conversations - comme les rumeurs - vont bon train sur les projets d'aménagement urbain. D'ici quelques semaines, le nouvel l'îlot des Erables sera livré. Les commerces ont déjà pris possession des lieux à quelques encablures des Halles.
Même si la diversité des enseignes n'est pas toujours au rendez-vous et que les boutiques haut de gamme ont plutôt tendance à mieux s'en sortir que les autres, le tourisme - et notamment la clientèle espagnole - booste le commerce luzien qui représente près de 20% des emplois de la commune pour un chiffre d'affaires global estimé à plus de 85 M€.
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Les projets immobiliers devraient également participer au coup de fouet économique. Ainsi un programme d'envergure devrait être présenté officiellement d'ici quelques semaines. Situé près du port, il devrait participer au réaménagement de cette partie de la ville avec d'une part un ensemble de logements commercialisés notamment par le promoteur local Carmen Immobilier et d'autre part un bâtiment à vocation économique, qui pourrait bien être l'hôtel 4 étoiles que souhaite implanter en centre-ville Nicolas Olano, propriétaire du groupe éponyme et de deux autres établissements hôteliers de l'autre côté du port, côté Ciboure. Cette implantation viendrait relever un parc hôtelier très disparate de plus de 16.500 lits aux retombées économiques estimées à plus de 65M€.
Au-delà de la vision de carte postale qu'offre la cité balnéaire basque, la principale pierre d'achoppement au développement économique de la ville reste la croissance des entreprises. Comme le souligne Manuel de Lara :
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Quel que soit le secteur d'activité, ce challenge est d'envergure puisque sur le territoire basque, 95 % des établissements emploient moins de 10 salariés ! Pour Manuel de Lara, l'autre défi est aussi transfrontalier. Saint-Jean-de-Luz s'inscrit pleinement dans le développement sud-aquitain, mais c'est davantage vers le Sud que se porte le regard des acteurs économiques luziens avec en ligne de mire le dynamisme du pays basque espagnol à l'instar des échanges amorcés avec les plateformes technologiques de Guipuzcoa.
Nathalie Hallery