Santé : le groupe bordelais Acteon a, de nouveau, les dents longues

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Né en 1991 de la fusion de deux anciennes entités du groupe Sanofi (Satelec et Pierre Rolland), le groupe bordelais Acteon n'avait connu, depuis ses débuts sous la houlette de Gilles Pierson, que des croissances annuelles à deux chiffres.
Les difficultés liées à son changement de statut - la société est passée de PME à entreprise de taille intermédiaire au rayonnement mondial - expliquent en grande partie une stagnation, entre 2012 et 2015, de son activité.
L'entrée au capital, durant l'été 2014, du fonds américain Bridgepoint avait pour but de remettre Acteon sur le chemin de la croissance.
Une stratégie qui se renforce encore avec une nouvelle recapitalisation et un nouveau LBO signé le 22 mars dernier.
Arrivée en octobre 2014 à Mérignac, siège social d'Acteon, pour piloter cette relance, Marie-Laure Pochon, qui a passé plus de 17 ans à travailler pour de grands groupes de santé aux USA et en Europe, a profité du Petit Déjeuner interactif de La Tribune (en partenariat avec le Crédit agricole d'Aquitaine, au Mercure Cité mondiale à Bordeaux) pour exposer la stratégie économique du groupe.
Une stratégie de conquête qui redémarre après un plan de sauvegarde de l'emploi lié à une réorganisation complète du groupe qui compte cinq centres de production, dont deux à Mérignac (site industriel pharma et site industriel équipement), un en Allemagne (Tuttlingen), deux centres de R&D à La Ciotat et Milan en Italie et au total 17 sociétés réparties dans le monde et désormais toutes sous pavillon unique Acteon.
Les chiffres lui donnent raison puisque le groupe girondin comptait 370 salariés en France (780 au total) à son arrivée. Il en compte désormais 374 alors que 40 départs ont été enregistrés dans l'Hexagone à l'issue de ce PSE.
Il s'agit désormais de confirmer, voire d'accélérer la croissance de l'activité du groupe entamée en 2015 avec 138 M€ (+16 % vs 2014). Le cap est mis, dès cette année, sur 177 M€ de chiffre d'affaires 2016. "Nous visons 300 M€ à l'horizon 2019, en accélérant notre stratégie de conquête à l'export, où nous réalisons déjà 85 % de notre CA."
Acteon exporte dans 120 pays, compte 13 filiales et des salariés dans 26 pays.
Au moment d'annoncer le PSE, Acteon n'avait pas caché son intention de booster sa présence sur le marché US. Alors qu'il réduisait la voilure partout ou presque, le groupe annonçait la création de dix postes de commerciaux aux USA...
Le développement d'Acteon passera aussi par des opérations de croissance externe. Le groupe girondin étudie actuellement plusieurs dossiers de reprise de sociétés de son secteur.
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Si les USA figurent au deuxième rang des priorités stratégiques d'Acteon, le premier axe mis en avant par Marie-Laure Pochon c'est la R&D.
Une gamme qui s'appuie sur 372 brevets actifs, et qui s'enrichit en permanence. Il y a quelques mois, avec X-Mind Trium, un outil d'imagerie 3D à haute résolution d'image à 360°, le groupe s'est lancé dans un challenge inédit pour lui.
Des chiffres qui devraient évoluer encore par la suite quand l'autorisation de mise sur le marché, jusque-là uniquement européenne, sera validée par les USA et le Japon, autre marché export important du groupe girondin.
Pascal Rabiller
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