SolidTrack : la France a une nouvelle star à Hollywood

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
L'année 2016 marquera sans doute durablement l'aventure entrepreneuriale de la PME innovante SolidAnim.
Créée en 2007 à Angoulême et Paris (plus précisément Ivry/Seine où son siège social est installé) par trois ingénieurs du monde du cinéma, de la capture de mouvement et de l'animation 3D, Emmanuel Linot, Jean-François Szlapka et Isaac Partouche, cette société, qui compte 15 salariés à temps plein, et jusqu'à une bonne vingtaine de plus en période de pointe de son activité, a d'abord fait ses armes dans l'animation 3D.
Il y a quatre ans, estimant que les équipements du marché de la capture de mouvement étaient parfois limités, SolidAnim, société membre du pôle image Magelis qui regroupe les entreprises de l'image installées à Angoulême, a décidé de se lancer dans la R&D.
Décisif pour la mise au point d'une innovation qui révolutionne les tournages de films remplis d'effets spéciaux : SolidTrack.
Avant SolidTrack, les acteurs de ces films évoluaient dans un fond vert sur lequel sont ensuite incrustés le décor et les effets spéciaux.
Mais ça, c'était avant pour des réalisateurs mondialement connus comme James Cameron ou Robert Zemeckis pour lesquels cette technologie française change tout.
Les acteurs continuent, certes, de jouer leurs scènes sur un fond vert, mais le réalisateur, lui, grâce à un dispositif installé en 5 minutes seulement et via une petite caméra SolidTrack fixée sur leurs caméras, peut voir, en temps réel, sur son moniteur, la même scène enrichie, via la réalité augmentée, des effets spéciaux et décors avec un rendu proche de l'image finale qui sera livrée aux spectateurs.
Les superproductions hollywoodiennes Gods Of Egypt (Alex Proyas), Warcraft (Duncan Jones), SOS Fantômes (Paul Freig), Monster Calls (Juan Antonio Bayona), The Walk (Zemeckis) qui ont, ou vont, à l'image de Tim Burton avec son Alice au pays des merveilles 2 (Alice, de l'autre côté du miroir), livrer au public leurs films au public des salles obscures cette année 2016, ont toutes eu recours à SolidTrack.
A gauche, l'acteur joue sa scène sans décor, à droite, la vue de la même scène, avec les décors et effets spéciaux, visionnée, en temps réel, par le réalisateur grâce SolidTrack.
Très intéressante outre-Atlantique, où la société compte depuis 2015 un bureau commercial à Los Angeles, dont s'occupe Isaac Partouche... mais la France fait de la résistance.
La France, c'est par la télévision que SolidAnim pourrait bien la séduire.
En attendant, sa société ne cesse d'innover techniquement pour améliorer en permanence les techniques de numérisation, de visualisation et de capture des mouvements pour séduire toujours plus de clients et adapter ses outils à tous les types de budgets de tournages. Le prix, outre-Atlantique, n'est pas vraiment un souci pour le réalisateur James Cameron, qui a été un des premiers géants d'Hollywood à acquérir les technologies de SolidAnim en vue de tourner les prochains "Avatar".
Pascal Rabiller
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