Moulin Neuf, le slip made in France qui ne veut pas craquer

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Créé en 1948 à la frontière entre la Dordogne et la Charente, à Saint-Antoine-Cumond, l'atelier Moulin Neuf Textiles est un acteur historique de l'industrie de la bonneterie française. Au plus fort de son histoire, à l'époque de la "Compagnie industrielle d'Aubeterre-sur-Dronne" (Ciad), l'atelier compte 180 personnes... et plus que 6 quand, en faillite, après une chute libre de sa production et de ses ventes entamée à partir des années 80, il est repris par un couple de Parisiens, un consultant en informatique, Franck Sordat, et son épouse, Imke Wintzer.
En 2010 donc, c'est presque une coquille vide industrielle que le couple décide de relancer sur le marché ultra concurrentiel de la bonneterie.
Dans leur opération de reconquête des marchés, l'usine et ses repreneurs, tous deux étrangers au mode du textile, se trouvent rapidement un allié de poids... enfin plutôt un poids léger à l'époque, mais au marketing de géant du sous-vêtement : Le Slip Français.
Cette jeune marque de sous-vêtements fondée par un ex-HEC de 21 ans, Guillaume Gibault, se cherche un outil de production pour ses produits qui revendiquent le label 100 % made in France.
Moulin Neuf Textiles, capable de réaliser toutes les opérations allant du tricotage des fils (tissés en Italie) au conditionnement final en passant par la coupe et la confection, sera le premier allié industriel du Slip Français.
Un souvenir puisque depuis 2014, l'essentiel de la production du Slip Français a été confiée à l'usine Lemahieux, dans le Nord de la France.
Entre temps, Moulin Neuf Textiles avait recruté et compte désormais 15 salariés.
Une équipe qu'il faut occuper avec la marque historique de sous-vêtements, "Moulin Neuf les Authentiques", réactualisée par la nouvelle équipe dirigeante, des collections réalisées en partenariat avec des créateurs comme Lola Jeannel (collection LoL'Art), des productions en marque blanche ou encore les nouvelles marques "maison" à l'image des sous-vêtements pour enfants Loulou Marmot , qui plaisent beaucoup... au Japon.
Le côté vintage de l'usine Moulin Neuf Textiles à Saint-Antoine-Cumond (Dordogne) semble beaucoup plaire à ses clients japonais.
Réalisée entièrement en France, la collection Loulou Marmot est notamment référencée dans l'équivalent des Galeries Lafayette au Japon, les magasins Isetan.
Les Japonais aiment tellement la french touch du sous-vêtement qu'ils n'hésitent plus à créer de toutes pièces des marques aux consonances bien franchouillardes comme Les Garçons, Vincent & Mireille... "Des pseudo marques françaises que ces sociétés japonaises font fabriquer en France !" précise Franck Sordat.
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Une "voie" qui permet aujourd'hui à Moulin Neuf Textiles de réaliser 40 % de son chiffre d'affaires à l'export, notamment avec des productions réalisées pour des marques qui "voyagent" bien, à l'image de Fleur de Bagne, une collection de vêtements inspirée de l'univers du bagne... et du monde du travail.
Aujourd'hui, le chiffre d'affaires annuel de Moulin Neuf Textiles atteint 700.000 euros.
En attendant de trouver la solution pour attirer les talents à Saint-Antoine-Cumont, le dirigeant se montre attiré par Paris. En effet, c'est dans la capitale, à portée des grands aéroports, qu'il espère prochainement installer une bureau dédié au stylisme et à la création.
On connaissait le "handicap prix" de la production made in France, dans le cas de Moulin Neuf Textiles, au moins, il ne faut pas non plus négliger le "handicap infrastructures"...
Pascal Rabiller