Drones : Hinov veut faire du handicap une source d’innovation

Céline Lanusse

Céline Lanusse
Ancien pilote d'hélicoptères et d'avions dans l'Armée de Terre, Stéphane Imbert a perdu ses aptitudes à la suite d'un incident aérien en service. Au-delà du handicap et de la difficulté à admettre de perdre son caractère opérationnel, il a dû se résoudre à envisager un nouvel avenir professionnel. C'est ainsi qu'il quitte le service actif en 2014. Le monde du drone s'ouvre alors à lui, plein de perspectives.
En parallèle de SkyBirdsView, bureau d'études international qui aide les entreprises à intégrer des solutions drones, Stéphane Imbert, qui a aujourd'hui pour mission de délimiter les contours du futur "Drone Camps" pour l'Aerocampus de Latresne, veut convaincre que le drone est particulièrement adapté au monde du handicap, qui recouvre des réalités très différentes. Il en parle autour de lui. Les professionnels ou spécialistes du handicap dans le monde du travail se montrent enthousiastes ; il crée donc Hinov il y a trois mois sur le site de l'Aerocampus. Stéphane Imbert reste majoritaire au capital de la société, ceux qui ont accepté de l'accompagner dans cette aventure sont membres du board et actionnaires minoritaires : Serge Dessay et Jacques Segalini (groupe Hotravail), Emilie Beau (conseiller stratégique), Général Georges Lebel (président de l'amicale du 13° RDP, Régiment de dragons parachutistes), Jean-Marc Orgogozo (professeur en neurosciences), Serge Chaumette (docteur en informatique et enseignant chercheur au Labri, Laboratoire bordelais de recherche en informatique).
Entreprise adaptée, Hinov va intervenir sur deux axes. D'abord le service aux entreprises qui emploient des personnes handicapées en leur permettant de les positionner sur de nouveaux métiers. L'idée est de fournir aux industriels des solutions en termes de drone, robotique, analyse de données. Via la R&D ensuite : en s'appuyant à la fois sur le handicap et l'innovation, pour développer de nouveaux outils et services qui au final, dans cet esprit de dualité qui a présidé à la création de l'entreprise, ont vocation à être utilisés à la fois par les personnes en situation de handicap et des personnes valides.
À lire également
Sur la partie service, Hinov a déjà des programmes en cours au niveau national avec des entreprises intéressées par le concept et la performance attendue. Les réflexions sont également lancées sur la partie R&D, marquée par "un intérêt assez rapide, précise Stéphane Imbert. Nous sommes déjà dans la structuration."
La société recherche désormais des profils de personnes handicapées qui veulent rejoindre ces métiers techniques. Elle s'appuie également sur le groupe Hotravail à Cestas avec qui elle va travailler de manière collaborative sur la zone d'implantation de ce groupement d'entreprises adaptées en Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur.
La société veut proposer des services pour des métiers aussi divers que l'inspection, le patrimoine, l'environnement, l'agriculture, la cartographie, la surveillance ou la sécurité.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Stéphane Imbert a déjà l'ambition d'exporter le projet Hinov à l'étranger, porté par SkyBirdsView qui réalise 80 % de son activité à l'international.
Céline Lanusse