Les Girondins de Bordeaux regardent du côté de la Chine

Mikaël Lozano

Stéphane Martin, président des Girondins de Bordeaux
Agence Appa

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Stéphane Martin, président des Girondins de Bordeaux
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Président du FC Girondins de Bordeaux, Stéphane Martin était l'invité du Petit déjeuner de La Tribune Bordeaux, organisé en partenariat avec le Crédit agricole d'Aquitaine au Village by CA. Voici les principaux points abordés par le dirigeant lors de son interview menée par Jean-Philippe Déjean, journaliste de La Tribune Bordeaux.
Un peu à la surprise générale il faut bien le dire, Stéphane Martin est devenu il y a moins d'un an le président du Football Club des Girondins de Bordeaux. Et par là même, le premier dans l'histoire du club à exercer cette fonction présidentielle en tant que salarié, en succédant à l'emblématique Jean-Louis Triaud. Stéphane Martin a débuté sa carrière professionnelle dans la salle des marchés d'Indosuez, banque d'affaires emblématique passée sous le contrôle du groupe Crédit agricole. Ce trader avait ensuite rallié la banque Santander à Madrid.
Cette tentative de reconversion un peu folle se matérialise par un courrier adressé à Nicolas de Tavernost, patron du groupe M6 qui est l'unique actionnaire des Girondins de Bordeaux. Stéphane Martin jure qu'il n'a alors pas brigué le poste de président. Nommé en juin 2016 au conseil d'administration du club avec une casquette d'indépendant, il devient président quelques mois plus tard.
"Le club peut être vu comme deux entreprises", explique Stéphane Martin. D'un côté, le groupe professionnel, dont la masse salariale pèse 60 % des 70 M€ de dépenses annuelles du club, et le staff. La rémunération moyenne brute des joueurs pros tourne autour des 700.000 € par an. Bien loin d'un Neymar donc, pointe Stéphane Martin, évoquant "deux championnats en un" avec les moyens stratosphériques du PSG le plaçant loin devant, et rappelant que "50 % des joueurs de Ligue 1 gagnent, à eux réunis, 10 % du montant total des salaires versés par les clubs".
D'un autre côté, le centre de formation et ses 60 jeunes pensionnaires, qui débutent autour de 600 € par mois à 16 ans et qui atteignent le seuil des 1.000 à 1.200 € par mois à leurs 18 ans. Stéphane Martin le souligne, à peine 10 % de ces jeunes footballeurs deviendront professionnels par la suite. C'est pourquoi le club insiste sur le bagage éducatif, ce qui s'est concrétisé par un 100 % de réussite lors de la dernière session du baccalauréat : "Sur 20, 16 ne seront pas pros. S'ils n'ont pas un minimum de niveau scolaire, c'est les envoyer à l'abattoir", lance Stéphane Martin.
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La manne la plus importante provient des droits télé, 35 M€ cette année avec une place de 6e de L1 à l'issue de la dernière saison et un parcours en coupe d'Europe. Le 2e poste de recettes est lié aux matches eux-mêmes, principalement grâce aux "places hospitalité", environ 3.000, quasiment toutes commercialisées. Environ 700 entreprises sont partenaires. "Nous sommes presque à 100 % de l'objectif en sachant que nous nous donnons un peu de marge pour les grosses affiches." La billetterie "classique" ramène 6 M€ par an, abonnements des supporters inclus (au nombre de 10.600). "Les recettes "soir de match" peuvent être très faibles, il n'est pas rare qu'elles n'atteignent que 50.000 € en début de saison", indique Stéphane Martin. Le sponsoring apporte entre 5 et 6 millions d'euros (équipementier, sponsors maillot, affichage au stade...) et les produits dérivés 2 M€.
Le club affiche un déficit de 10 millions d'euros par an. Rien d'étonnant pour Stéphane Martin, qui évoque le sujet avec, non pas fatalisme, mais au moins lucidité :
Quid du serpent de mer de la revente du club par M6 ?
Egalement interrogé sur la possibilité de voir des supporters devenir actionnaires sur le modèle des socios en Espagne, Stéphane Martin se montre ouvert sur la question :
Stéphane Martin et Jean-Philippe Déjean (photo agence Appa)
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Stéphane Martin le dit très clairement : "Nous voulons améliorer les recettes de la billetterie. C'est rageant de ne pas dépasser au Matmut Atlantique la fréquentation que nous enregistrions à Chaban-Delmas." Un sujet étroitement lié à plusieurs points : les résultats sportifs, "donc la capacité à sortir régulièrement de nouveaux joueurs performants", le jeu proposé, mais aussi tout ce qui est imaginé autour du match. Stéphane Martin évoque pêle-mêle les animations proposées sur le parvis, "le fait que nous aurons accès aux adresses IP des smartphones des supporters et que nous pourrons bientôt diffuser des extraits d'autres matches de L1 à l'issue des rencontres", ou encore la nécessité d'étendre la zone de chalandise du club :
Le président du club espère atteindre les 70 % de remplissage du stade :
Le président des Girondins souligne également que "d'ici 2 / 3 ans, la renégociation des droits télévisés fera que le gâteau devrait être plus gros à partager".
Les clubs chinois ont pendant plusieurs mois réussi à attirer des joueurs réputés en les surpayant. Mais le bilan est mi-figue mi-raisin selon Stéphane Martin :
Mikaël Lozano
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