CES 2018 : Numii/AIO se rêve en acteur incontournable de la santé au travail

Mila Ta Ninga

Numii_1
AIO

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La santé au travail est devenue un enjeu sociétal important alors que les entreprises françaises et européennes, et plus particulièrement les industries d'assemblage, sont confrontées à l'allongement du temps de travail, aux départs à la retraite tardifs et au vieillissement de la population ouvrière. C'est de ce constat qu'est partie la réflexion de Cyril Dané, le patron d'AIO, entreprise créée en 2007 à Léognan et installée à Pessac depuis 2015. L'objectif de son nouveau produi, baptisé Numii, est de réduire les troubles musculo-squelettiques (TMS) liés à l'activité professionnelle en générant des données à grande échelle sur les postures et les mouvements des ouvriers de l'industrie.
Fruit de deux ans de travail avec l'Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria), installé dans les Yvelines, et son équipe AUCTUS, spécialisée dans le domaine de la robotique collaborative, Numii ambitionne de chambouler le monde de la santé au travail à plusieurs niveaux.
Selon l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, les problèmes de santé au travail ont coûté 3,3 % du PIB européen en 2016, soit 467 Md€. En France, la même année, le nombre de TMS indemnisés ont représenté environ 1 Md€ et plus de 10 millions de jours d'arrêt maladie, selon la Caisse nationale d'assurance maladie.
« Numii mesure, traite et collecte des données pour générer une base unique de données sur la santé au travail », affirme Cyril Dané. Physiquement Numii ressemble à une tête de robot fixée à un pied d'appareil photo et connectée à une tablette. En quelques secondes, il mesure l'ossature de la personne qui se trouve devant son capteur. Il est aussi capable de mesurer les efforts des travailleurs, qu'ils soient en mouvement, statiques ou encore répétitifs. Le rendu est visible en temps réel.
Composé d'un ordinateur, d'une carte infrarouge et de capteurs, Numii détermine le poids de chaque partie du corps et repère les angles articulaires et les centres de gravité « qui permettent de savoir si vous avez un poids dans la main ». La surface couverte est de 5m2 mais plusieurs Numii peuvent être connectés pour prendre des mesures sur des espaces plus larges.
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Des possibilités d'une grande utilité, si l'on en croit Jean-Marc Salotti, professeur des universités à Bordeaux INP et spécialiste des facteurs humains :
Les captations peuvent durer une minute ou toute une journée. Elles prennent en compte notamment la température et le bruit environnant.
Les clients visés par Numii sont des entreprises dotées de démarches RSE (responsabilité sociétale des entreprises). "Les acteurs du BTP ou de l'industrie ont tout intérêt à montrer qu'ils mènent des actions vertueuses en termes de santé", souligne Cyril Dané, qui précise que toutes les données collectées par Numii restent la propriété des entreprises clientes.
Toutes les données collectées sont consignées et anonymisées dans un cloud pour permettre à la recherche de mener des retours sur expérience. L'objectif de Numii est donc in fine de devenir une norme pour toutes les situations similaires permettant aux entreprises de faire les bons choix d'investissements pour préserver la santé de leurs salariés. « Nous cherchons à construire des outils de comparaison. La logique de Numii, c'est mesurer pour progresser ». Au total, les équipes d'AIO espèrent récolter plus d'un million de mesures d'ici la fin de l'année 2018.
Les hôpitaux, les CHSCT (comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) ou encore les ergonomes auront la possibilité de travailler sur des expertises qualitatives. Avec Numii, Cyril Dané compte bien se positionner comme un « mesureur incontournable de la santé au travail ».
Et Cyril Dané, compte bien faire mouche auprès des investisseurs et entreprises du monde entier lors du CES de Las Vegas aux côtés de 39 autres pousses de Nouvelle-Aquitaine au sein d'une délégation unique fédérée autour de la Région. :
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Numii est mis à disposition gratuitement dans les entreprises qui en font la demande mais une caution de 3.000 € est demandée. Ensuite, Numii sera tout d'abord commercialisé sous forme d'abonnement mensuel, à hauteur de 25 à 30 euros par capture. AOI s'appuiera sur ces rentrées financières pour fabriquer d'autres Numii à la demande. La mise sur le marché devrait démarrer d'ici à la fin du premier semestre 2018.
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