La situation se tend à nouveau à Darwin

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
On savait déjà que les "habitants" de Darwin, l'écosystème installé sur la rive droite de la Garonne à Bordeaux, lieu emblématique d'un esprit d'entreprise tourné vers l'économie durable, l'innovation et la protection de l'environnement, ne partiraient pas en vacances avec BMA, l'aménageur chargé de la mise sur les rails de la zone d'aménagement concerté (ZAC) Bastide Niel qui jouxte l'ancienne friche urbaine. Darwin revendique, en compilant toutes les entreprises et structures qu'il abrite, 509 équivalents temps plein (ETP) directs et de nombreux bénévoles sans compter les adhérents des associations utilisatrices des lieux. Début 2017, de fortes tensions étaient apparues au grand jour lorsque la mairie de Bordeaux avait précisé que Darwin allait perdre la jouissance d'une partie de ses espaces utilisés via des autorisations d'occupation temporaire dont certaines arrivent à terme, au profit de Bordeaux Métropole Aménagement qui est l'aménageur chargé d'accompagner les projets immobiliers de la ZAC. La pression était tellement montée qu'une médiatrice, Elizabeth Touton, adjointe au maire de Bordeaux, avait été désignée pour calmer les choses. Une mission de longue haleine. Mais le feu couve de nouveau ces derniers jours.
Au passage, Darwin rappelle que son objectif n'est "nullement d'obtenir toujours plus de terrain mais de préserver a minima l'intégrité d'espaces associatifs générateurs d'activités, de services et d'emplois, défricheurs de transitions et particulièrement prisés des Bordelais. Partout ailleurs, ces activités seraient considérées comme une aubaine pour instiller une vie sociale dans des quartiers en création qui en sont logiquement dépourvus. Rappelons à ce propos que si la densification paraît inéluctable au vu de l'attractivité de Bordeaux, elle ne s'accompagne pas encore d'un développement économique significatif : l'activité partout saluée de nos entreprises et associations en apparaît d'autant plus cruciale. Leur caractère écoresponsable en fait de surcroit un véritable poumon de la rive droite bordelaise."
Cette prise de parole de Darwin n'attaque pas le fond du projet urbain développé sur la ZAC Bastide Niel, mais les fondateurs d'Evolution, le groupe qui porte l'écosystème depuis le début, n'en pensent pas que du bien pour autant. Un exemple parmi d'autres : pourquoi faire fermer la zone d'agriculture urbaine expérimentale alors qu'un projet de ferme urbaine doit voir le jour sur 2.000 m2 dans un des îlots de la ZAC ? Reste que la volonté semble plutôt à trouver une solution pour apaiser les choses
Jeudi 26 et vendredi 27 avril, plusieurs personnes du comité de pilotage des Darwiniens ont symboliquement démonté une palissade sur le chantier.
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Apaisement, le mot est lâché. Les Darwiniens font référence à un plan qui délimite clairement plusieurs zones : celle appartenant à Darwin, les Magasins généraux et en face les futurs Magasins généreux, celle des hangars associatifs (10.000 adhérents), les deux formant les limites du Darwin écosystème. Puis la zone des Ateliers de la caserne en cours de restitution suite aux accords de médiation, avec le Village des tétrodons qui abritait jusqu'à il y a peu des personnes en situation d'urgence et les parkings plus la zone d'agriculture urbaine expérimentale. Le reste est barré du mot ZAC. De son côté, Bordeaux Métropole Aménagement n'a pas pris position publiquement, comme à son accoutumée. Et le maire de Bordeaux Alain Juppé, interrogé par Rue 89 Bordeaux, répond "chiche" aux Darwiniens tout en déplorant au passage le fait que tous les belligérants trainent des pieds pour respecter les délais. Dans un sens comme dans un autre.
Mikaël Lozano
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