C'est en Indonésie qu'on a trouvé le meilleur job du monde

Emmanuel Langlois

Charles-Antoine Descotis (Ticket to the moon)
Emmanuel Langlois

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Charles-Antoine Descotis (Ticket to the moon)
Emmanuel Langlois
Le nom était déjà plein de promesses : "Ticket to the moon", un ticket pour la lune, c'est ainsi que les habitants d'une petite île d'Indonésie nomment un champignon hallucinogène qu'ils consomment sans modération. Avec son allure cool et débonnaire, Charles-Antoine Descotis a dû y goûter lui aussi. Lui qui ne voulait rien faire d'autre de sa vie que de la passer allongé se retrouve pourtant aujourd'hui à la tête d'une société en croissance de 25 à 30 % par an. Le Français emploie plus de 400 salariés, tous Balinais : "On a déjà construit quatre usines à Bali et une à Java, on en ouvre une tous les deux ans mais tout reste artisanal." Un rectangle de nylon, deux coutures : ses hamacs sont vendus dans le monde entier, à 50 euros pièce.
Son premier marché, c'est la Norvège. Avec 100.000 hamacs par an, le pays représente 20% de ses ventes à l'année. "Les Scandinaves sont très branchés outdoor (activités extérieures, NDLR), explique Charlie, ils dorment dans nos hamacs au-dessus de la neige, avec un système d'isolation contre le froid et l'humidité." Paradoxalement, l'Indonésie n'est pas un de ses gros clients : "Tout le pays représente à peine 1% de nos ventes. On ne fait que de l'export. En fait, on n'a jamais cherché à vendre. On a du mal à répondre à la demande donc on ne fait pas de publicité, on a un développement complètement organique, en particulier grâce à Internet." Et écolo avec des usines zéro déchet.
Formé au commerce, vendeur de chariots élévateurs et de transpalettes pendant sept ans à Bordeaux, Charles-Antoine Descotis n'a pas trente ans lorsqu'il découvre l'Inde par hasard. Il quitte tout et part s'installer là-bas. Puis ce sera l'Indonésie, l'un des plus gros producteurs de nylon au monde, où il créée "Ticket to the moon". A Bali, on se battrait pour se faire embaucher dans ses ateliers, où les conditions de travail sont optimales : des employés payés deux fois le salaire minimum, tous intéressés aux bénéfices de l'entreprise et avec une couverture santé et retraite à la française.
10 % de ses salariés viennent de la tribu des Kodi, sur l'île de Sumba, un paradis méconnu des touristes, que le Français soutient grâce à la fondation Mandorak qu'il a créée en 2009.
"On a financé une école, des campagnes de vaccination contre la malaria, creusé des puits, envoyé les enfants étudier à l'université. L'humanitaire en Indonésie tombait sous le sens pour moi mais ce ne sont pas des dons extérieurs, pas du charity business à l'américaine."
L'entreprise a ainsi consacré 10% de ses bénéfices l'an dernier à ces actions. Dans un balancement paresseux, Charles-Antoine Descotis se demande sans cesse si le moment n'est pas venu d'arrêter ses affaires pour ne plus jamais avoir à descendre de son hamac.
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Lui écrire : office[at]ticketothemoon.com
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La rubrique Aquitains d'ailleurs s'intéresse aux Bordelais et Néo-Aquitains qui ont quitté la région pour lancer des entreprises ailleurs dans le monde et se frotter de près aux marchés internationaux. Dans cette rubrique, ils racontent leurs histoires. Contact : Emmanuel Langlois, langloismanu[at]yahoo.fr
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