Les trottinettes électriques Lime suspendues à Bordeaux

Mikaël Lozano

Lime Bordeaux
La Tribune / Mikaël Lozano

Mikaël Lozano

Lime Bordeaux
La Tribune / Mikaël Lozano
La voisine du Sud aurait-elle fait des émules ? La mairie de Toulouse vient d'interdire l'activité de la société américaine Lime dans ses rues, trois jours à peine après le déploiement de trottinettes électriques en libre service. Une décision rapide et ferme qui a peut-être inspirée la Ville et la Métropole de Bordeaux. Car pour mémoire, Lime avait bien discuté avec les services bordelais avant son arrivée. Il leur avait été demandé un peu de patience, le temps qu'un cadre vienne réglementer ce nouveau type de mobilité douce. Le fait que les trottinettes puissent rouler sur les trottoirs, à des vitesses dépassant les 20 km/h, mais aussi plus largement l'absence de charte de bonne conduite, la possibilité de laisser les engins n'importe où dans la rue... posent problème aux collectivités. Mais Lime était passée outre la demande des services communaux et avait démarré sans attendre son service, le 26 septembre, officiellement "pour une période de test". La Ville avait alors râlé par la voix de son maire Alain Juppé, mais n'avait pas imposé de suspension de service, contrairement à Toulouse qui avait montré les muscles. Elle s'était contentée d'un envoi de courrier à Lime. Qui a répondu ce matin via un communiqué de presse tout en rondeurs, sans en informer au préalable la collectivité.
Ce matin, Lime a donc annoncé :
Ce que l'histoire ne dit pas, c'est le poids des dégradations et vols que subissent tous les acteurs du free floating dans cette décision de Lime. On se rappelle des vélos Indigo Weel déployés à 2.000 exemplaires à Bordeaux et dont 600 seulement sont aujourd'hui disponibles, en raison des vols et incivilités...
Les trottinettes Lime ont donc disparu de l'application dès ce matin. Celles de son petit concurrent allemand Wind, bien moins nombreuses mais elles aussi utilisables via une application permettant de les géolocaliser et de les débloquer, étaient en revanche toujours actives ce mercredi midi à Bordeaux. La ville et la métropole n'ont pas pu se manifester auprès d'elle car... elles n'ont jamais été en contact. Les deux collectivités n'ont pas de point d'entrée auprès de la société allemande qui opère Wind.
À lire également
Il est peu probable que Lime revienne à très court terme, même si la société dit qu'elle "propose l'ouverture de concertations et réflexions avec la mairie de Bordeaux pour rapidement rendre à nouveau possible l'accès des Bordelais à ce service dans des conditions optimisées". Car c'est l'Etat qui dictera le tempo.
Le maire de Bordeaux envisage pour sa part un système de licence qui serait accordé aux opérateurs de free floating.
Mikaël Lozano