En forte croissance, le groupe Bricodeal se rebaptise en Qérys

Mikaël Lozano

Jérôme Tesseire et Marc Hippomène, respectivement président et directeur général du groupe Qérys
Eric Barrière / Agence Appa

Mikaël Lozano

Jérôme Tesseire et Marc Hippomène, respectivement président et directeur général du groupe Qérys
Eric Barrière / Agence Appa
Les entreprises familiales ont plusieurs caractéristiques communes : la longévité et la résilience en font partie. Bricodeal en fait partie puisque les racines du groupe remontent à 1828 et plongent en Afrique, précisément à Saint-Louis du Sénégal où débute l'activité de négoce d'un aïeul de Jérôme Teissere. Quelques années plus tard, en 1863, le siège social de l'entreprise est créé à Bordeaux. La société est alors active à travers une vingtaine de comptoirs en Afrique, qui seront progressivement cédés. La vente d'arachide, de gomme arabique... est abandonnée aussi au profit d'articles de quincaillerie, droguerie... Avant un retrait pur et simple du continent africain en 2008. Entre temps, Jérome Tesseire a pris les commandes de l'entreprise, au tournant de l'année 2000, et a impulsé une stratégie fondée sur de la croissance organique mais aussi de la croissance externe. En vingt ans, le groupe rachète une vingtaine de sociétés. Jusqu'à peser aujourd'hui 215 millions de CA et 830 emplois.
Respectivement président et directeur général, Jérôme Teissere et Marc Hippomène ont présenté ce lundi matin la nouvelle identité du groupe : Qérys. L'ensemble recouvre les secteurs de l'aménagement de l'habitat et l'évolution du confort domestique. L'enseigne Bricodeal (32 M€ de CA, 160 salariés) développe des produits dans l'univers du jardin, la quincaillerie, l'outillage, l'électricité... à destination des acteurs du bricolage, négociants et grandes surfaces. Sider (169 M€ de CA, 560 salariés) distribue des articles de plomberie, électricité, serrurerie... auprès des professionnels du second œuvre du bâtiment et les collectivités locales, via ses 8 entrepôts régionaux. Domotelec (9 M€ de CA, 13 salariés) vend en ligne et via ses partenaires des radiateurs, climatiseurs, pompes à chaleur. Hydro Sud Direct (2 M€, 16 salariés) fournit aux pisciniers indépendants des produits négociés et des services. Midi Piles Services (10 M€, 18 salariés) est positionnée sur les dispositifs d'éclairage et piles. Enfin le groupe compte deux "pure players", activités uniquement en ligne : MonMagasinGénéral.com, quincaillerie sur Internet (4,4 M€, 6 salariés) et Cazabox.com (3,8 M€, 4 salariés) qui propose des équipements et accessoires pour l'entretien de la maison issus du monde professionnel.
Adopté par les salariés à l'issue d'un vote, le nom Qérys vient maintenant chapeauter l'ensemble. "Nous entrons dans une nouvelle phase de structuration, de mutualisation des services opérationnels", explique Marc Hippomène. Un des premiers signes visibles de cette stratégie est la création à Villenave-d'Ornon d'une « échoppe numérique » où seront regroupées les équipes de toutes les entités qui travaillent sur la partie e-commerce. Qérys investit 2,5 millions d'euros dans ce bâtiment qui sera achevé en fin d'année. Par ailleurs le groupe prévoit pour début 2020 la fusion de tous ses services supports.
La stratégie de développement, elle, devrait toujours passer par le croisement des croissances externe et organique. A périmètre constant, Jérôme Tesseire évoque "un chiffre d'affaires de 230 millions d'euros" pour l'exercice 2019 et n'exclut pas le rachat d'une société au premier semestre. L'épisode de la cotation boursière ne semble plus à l'ordre du jour : "Il ne faut jamais dire jamais. Nous nous sommes introduits en bourse en 2008 avant de nous retirer quelques années plus tard. Nous nous sommes rendus compte qu'on pouvait se développer sans, avec les concours bancaires et nos fonds propres", indique le président du groupe. Qui souligne que "tout nous appartient : la logistique, nos bâtiments... Ce qui nous permet de passer les différents pics dans la vie d'une entreprise."
Autre axe stratégique : "On ne s'encombre plus vraiment des frontières entre marché des professionnels et marché grand public, qui sont de plus en plus poreuses, et on développe l'omnicanalité, explique Marc Hippomène. Nous faisons aujourd'hui 90 % de notre activité avec les pros et 10 % avec le grand public. Mais l'expertise que nous développons avec le second segment nourrit culturellement le premier."
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

La croissance de l'activité ne s'accompagne pas d'objectifs précis de recrutements, mais Qérys compte néanmoins continuer à étoffer ses équipes. Pour ce faire, elle compte justement capitaliser sur la nouvelle structuration du groupe et le changement de nom.
Mikaël Lozano