Un bureau d'expertise écologique, une entreprise de charpenterie, une école Montessori, un cabinet d'architecte, un sous-traitant électronique ou encore un studio de jeu vidéo : toutes situées en Nouvelle-Aquitaine, ces entreprises ont pour point commun d'être des Scop, des sociétés coopératives et participatives. En clair, elles sont détenues majoritairement par leurs salariés. Ce sont des entreprises comme les autres ou presque. Au statut classique de SA, SAS ou SARL, vient en effet se greffer un statut coopératif qui prévoit notamment l'élection du dirigeant, la consultation de tous les salariés-associés selon le principe d'un associé = une voix et un partage équitable du profit avec en moyenne 45 % du résultat affecté aux réserves impartageables de l'entreprise. Résultat : leur taux de survie à trois et à cinq ans est supérieur aux entreprises classiques tandis que le turnover est en général inférieur. Qu'il s'agisse d'une création ex nihilo, d'une transmission d'entreprise, de la reprise après une faillite ou de la transformation d'une association, les Scop, et leurs petites sœurs les Scic (sociétés coopérative d'intérêt collectif) ont de multiples occasions d'éclore. La Nouvelle-Aquitaine en compte désormais plus de 400, soit deux fois plus qu'en 2003.
"Les Scop ont le vent en poupe parce qu'elles s'inscrivent pleinement dans l'économie sociale et solidaire et elles le prouvent au quotidien. Fonctionnement démocratique, échelles de salaires plus resserrées, affectation de leurs résultats aux réserves et aux salariés : c'est cela qui définit les Scop, bien plus que la nature de leur activité",résume Marc Amorena, le directeur de l'Union régionale des Scop d'Aquitaine (lire ci-dessous).
Ces dernières emploient en moyenne une quinzaine de salariés mais certaines vont bien au-delà et dépassent la centaine de salariés. Et la dimension coopérative ne s'arrête pas aux portes de l'entreprise puisque les Scop ont tendance à davantage échanger entre elles que des entreprises lambda tout en acceptant de verser chaque mois 0,3 % de leur masse salariale à l'Union sociale des Scop afin de financer des outils financiers dédiés tels que des prêts participatifs (Socoden), des interventions en capital (Scopinvest) ou des garanties, des avances de trésorerie ou des crédits baux (Sofiscop). En contrepartie, l'accès aux levées de fonds et aux investisseurs traditionnels est quasi-impossible puisque les Scop n'offrent pas de plus-values, les parts sont revendues à leur valeur nominale et les salariés doivent détenir au moins 51 % du capital.