Le dernier fabricant français de costumes à un moment charnière
Hélène Lerivrain
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Pierre-Antoine Constantinides, à gauche, directeur de l'usine France Confection à Limoges.
France Confection
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Pierre-Antoine Constantinides, à gauche, directeur de l'usine France Confection à Limoges.
France Confection
"L'année 2020 sera l'année du virage et de la révolution." Pierre-Antoine Constantinides, directeur de la PME limougeaude France Confection, reste résolument optimiste alors que le dernier confectionneur de costumes français a été placé en redressement judiciaire, le 8 janvier, par le tribunal de commerce de Limoges. "Faute de trésorerie, il ne pouvait pas en être autrement", réagissait l'entreprise à ce moment là. "La société avait été reprise par le groupe Molitor en mars 2018, je suis moi-même arrivé en septembre et, en octobre, nous avons découvert des malversations comptables importantes opérées par l'ancienne direction masquant les réelles difficultés de l'entreprise", détaille Pierre-Antoine Constantinides.
Dès lors, la stratégie a été revue. "Les prix de vente trop bas car mal calculés ont été réévalués. Certains clients sont partis, d'autres se sont engagés. France Confection a décidé de se tourner vers le très haut de gamme, le luxe, de manière générale vers des clients qui connaissent le métier et le juste prix français", précise Pierre-Antoine Constantinides. Dans le même temps est né le projet d'usine du futur, avec des partenaires tels que Microsoft. "Nous sommes dans des bâtiments obsolètes, les machines ont une moyenne d'âge de 30 ans. En passant au 4.0, nous prévoyions de faire l'acquisition de machines permettant aux utilisateurs d'éviter les tâches répétitives et fatigantes. Il s'agissait d'automatiser tout ce qui pouvait l'être, tout en gardant le côté artisanal et le savoir-faire de l'équipe. »
Pour concrétiser ce projet d'usine du futur, France Confection recherchait 13 M€. La levée de fonds n'a pas eu lieu. "Elle aurait pu éviter le redressement judiciaire, mais malgré un petit temps d'arrêt d'un point de vue administratif, le travail de recherche continue. Le groupe Molitor qui n'était pas au courant de la situation financière réelle de l'entreprise serait d'ailleurs prêt à remettre la main au porte-monnaie mais pas seul, aux cotés d'autres investisseurs", reconnait Pierre-Antoine Constantinides. Mais la préoccupation du moment reste la reprise de l'entreprise. "Il est possible de déposer un dossier jusqu'au 31 janvier. Le tribunal statuera mi-février."
Hélène Lerivrain