"Il faut que les entreprises se bougent et demandent ces aides !", tonne Patrick Seguin, le président de la CCI Bordeaux Gironde. Un mois après leur lancement opérationnel, les deux fonds d'aides publiques aux petites entreprises et aux associations lancés par Bordeaux Métropole et par la Région Nouvelle-Aquitaine pour faire face à la crise du Covid-19 sont encore loin d'avoir été consommés.
Un peu plus d'un mois après l'ouverture des portails en ligne permettant des demandes simplifiées aux TPE, les deux collectivités locales indiquent les chiffres suivants :
3,3 M€ de prêts accordés dans 1.947 dossiers pour un prêt moyen de 11.000 € pour le fonds du conseil régional, de la Banque des territoires et d'une soixantaine d'intercommunalités qui s'élève à 29,2 M€. Il s'agit d'un prêt à taux zéro compris entre 5.000 et 15.000 € pour une entreprise de moins de dix salariés, sans apport complémentaire obligatoire et sans garantie avec une durée de remboursement de 4 ans.
Pour la Métropole bordelaise, cela correspond à une consommation de seulement 44 % du fonds alors même que le délai pour en bénéficier arrivera à échéance dans 15 jours, le 30 juin prochain. Pour la Région, le taux de consommation du fonds d'aide n'atteint que 11 % au bout d'un mois.
De quoi quelque peu agacer Patrick Seguin, le président de la CCI Bordeaux Gironde, qui pilote le fonds d'aide de Bordeaux Métropole et de plusieurs autres agglomérations girondines :
"Les chefs d'entreprises peuvent prétendre en 12 min sur internet à une aide forfaitaire de 1.500 € mais force est de constater que nous n'avons pas assez de demandes de leur part pour solliciter cette aide... Je le dis très clairement : il faut que les entreprises se bougent et demandent ces aides ! Les élus locaux ont pris leurs responsabilités en votant des montants considérables pour aider les petites entreprises, maintenant c'est au tour des chefs d'entreprise de se bouger parce qu'on ne pourra pas les aider s'ils ne font pas l'effort de déposer une demande !"
Des critères qui pourraient évoluer à Bordeaux Métropole
Et alors que Patrick Bobet, le président de Bordeaux Métropole, conscient de ces difficultés, envisage d'assouplir les critères du fonds après le 30 juin pour l'ouvrir notamment aux auto-entrepreneurs, Patrick Seguin lui emboîte le pas : "Il faut que cet argent soit utilisé pour aider le maximum de gens et de professionnels. Je suis favorable à l'ouvrir aux auto-entrepreneurs et aux sous-traitants indépendants qui ne rentrent souvent dans aucune case et ne bénéficient donc d'aucune aide."
D'autant que la reprise économique tarde encore à se concrétiser pour les commerçants, les cafetiers et autres restaurateurs. Selon la CCI, la fréquentation du centre-ville de Bordeaux serait ainsi inférieure de 50 % à son niveau d'avant crise, si bien qu'une épée de Damoclès menace toujours les restaurateurs dont 30 % pourraient disparaître cette année. Seul signe encourageant, les centres commerciaux résistent mieux en particulier ceux de petite taille qui retrouvent pratiquement le même niveau d'avant crise.
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l'activité régionale repart graduellement depuis le
11 mai. "Le choc reste toutefois sévère après l'effondrement des mois précédents". Et l'institution souligne que "la poursuite de la reprise attendue en juin n'effacera pas, loin s'en faut, les baisses précédentes".
Parallèlement, les créations d'entreprises sont au plus bas ces derniers mois avec une chute de -47 % en mars 2020 (versus mars 2019) et de -67 % en avril 2020 (versus avril 2019). Le BTP est particulièrement touché puisque les créations d'entreprises s'effondrent de -80 % dans ce secteur, selon la CCI.
Néanmoins, pour Patrick Seguin, l'heure ne doit pas être à des stratégies de baisse des salaires. "Baisser les salaires, ce serait une erreur monumentale et socialement insupportable, sauf pour les très hauts salaires car c'est à eux de faire des efforts aujourd'hui. Il ne faut pas paupériser une population qui risque déjà de l'être et je rappelle que les aides de l'Etat et des collectivités visent précisément à conserver et à préserver l'emploi !", lance le président de la CCI.