Le 12 octobre dernier, le conseil d'administration de l'association Invest in Bordeaux ne s'est pas déroulé très sereinement. L'instance, qui réunit des représentants de la Région Nouvelle-Aquitaine, de la ville de Bordeaux et de la Métropole ainsi que des plus de 300 entreprises adhérentes, devait notamment voter le budget 2021, peu ou prou dans la continuité des 1,68 million d'euros du budget 2020. Mais Andréa Kiss, pour Bordeaux Métropole, et Pierre Hurmic et son adjoint à l'emploi Stéphane Pfeiffer, pour Bordeaux, n'ont pas voté ce budget, demandant qu'il soit revu à la baisse. Un refus qui a entraîné, une semaine plus tard, la démission de Lionel Lepouder, le président d'Invest in Bordeaux depuis 2017 qui figurait par ailleurs en 27e sur la liste de Nicolas Florian lors de l'élection municipale.
Pendant la campagne électorale, la nouvelle majorité écologiste municipale n'a jamais caché son désintérêt voire son hostilité à la politique active d'attractivité économique déployée depuis 2015 sous la double houlette de l'association Invest in Bordeaux et du service dédié à l'attractivité Magnetic Bordeaux, constitué de onze agents, au sein de la direction générale de la valorisation du territoire de Bordeaux Métropole. Le 12 octobre dernier, Pierre Hurmic et Stéphane Pfeiffer ont ainsi pris la parole devant le conseil d'administration d'Invest in Bordeaux pour préciser leur stratégie.
"Nous ne voulons pas supprimer toute agence de développement économique du territoire parce qu'on a besoin d'une structure pour accueillir et accompagner les entreprises. Mais nous avons un double problème avec Invest in Bordeaux. D'une part, entre Magnetic Bordeaux, Invest in Bordeaux et la CCI Bordeaux Gironde, on a un partage des tâches pas toujours clair et parfois redondant. Donc, le premier sujet, c'est de savoir qui fait quoi", explique à La Tribune Stéphane Pfeiffer, adjoint au maire en charge de l'emploi et de l'ESS et des formes économiques innovantes. "D'autre part, Invest in Bordeaux a des actions pertinentes d'accueil des entreprises et du conjoint mais avec un budget qui dépend à 91 % des fonds publics et qui implique que la mairie et la Métropole remettent au pot chaque année pour l'équilibrer. Ce n'est plus possible. Il faut donc réduire la voilure !"