"La fermeture des frontières à travers le monde a entrainé une chute brutale et massive des ventes en duty-free, notre marché de prédilection qui représentait 45 % des 94 M€ de notre chiffre d'affaires", explique à La Tribune Jacques Crozier, conseiller du président de Cognac Camus, maison familiale et indépendante fondée en 1863. Un coup d'arrêt qui risque de durer et qui devrait amener cette PME de 130 salariés à terminer l'année 2020 avec un chiffre d'affaires attendu à 45 millions d'euros (-52 %) et assorti d'une perte. Cette stratégie commerciale, résolument tournée vers le voyage et assise sur une présence dans une cinquantaine d'aéroports internationaux, s'est pourtant avérée payante ces dernières années et avait d'ailleurs été saluée par le jury du La Tribune Wine's Forum en octobre 2019... quelques semaines avant l'éclosion de la pandémie mondiale.
"Il y a un an, l'économie mondiale et le marché chinois, qui est notre premier débouché à l'export, reposaient sur deux piliers : le voyage international et les cadeaux. Force est de constater que ce n'est plus le cas aujourd'hui", reconnaît Jacques Crozier. D'autant qu'au regard de la persistance de la pandémie, la PME dirigée par Cyril Camus, représentant de la 5e génération de la famille Camus, n'anticipe pas un retour à la normale de ses ventes "avant plusieurs années". Face à ces impasses commerciales durables, Cyril Camus vient donc de présenter au comité social et économique de l'entreprise un plan de de sauvegarde de l'emploi portant sur 29 emplois. "Ce plan repose dans un premier temps sur une dynamique de volontariat pour une mobilité interne vers les seize nouveaux postes créés en lien avec les nouveaux métiers de l'entreprise, ainsi que sur l'accompagnement des départs dans des projets de mobilité externe", fait valoir la maison de Cognac. "A l'heure actuelle, treize postes doivent donc être supprimés. Les discussions s'ouvrent avec les représentants des salariés pour essayer de réduire ce chiffre, peut-être à dix postes, et éviter autant que possible les licenciements", insiste Jacques Crozier, qui espère que ces décisions permettront à l'entreprise de renouer avec la profitabilité d'ici un an.