"Ces circonstances ont conduit le président à protéger le club en le plaçant sous la protection du tribunal de commerce de Bordeaux. Un mandataire ad hoc a été nommé, il sera chargé d'assister le FC Girondins de Bordeaux dans sa recherche d'une solution durable", a annoncé le club ce jeudi 22 avril après avoir indiqué que son actionnaire, le fonds d'investissement américain King Street Capital "ne souhaite plus soutenir le club et financer ses besoins actuels et futurs".
Une déclaration publique pour le moins étonnante puisque, d'ordinaire, le principal avantage de la procédure amiable qu'est le mandat ad hoc est précisément d'être strictement confidentielle. L'objectif étant de préserver la réputation et le crédit de l'entreprise, et donc la valeur de ses actifs, notamment auprès de ses clients, de ses fournisseurs et des tiers.
"Pour nous, c'est une énorme erreur stratégique qui risque de significativement diminuer l'efficacité de la procédure en la rendant publique puisque même si le but est de faire savoir que le club est à vendre, une communication ciblée et confidentielle, type banque d'affaires, nous paraît nettement préférable pour limiter les effets collatéraux", réagissent Alexandra Blanch et Vincent Méquinion, administrateurs judiciaires à Bordeaux, interrogés par La Tribune. Le propriétaire des Girondins de Bordeaux, qui aurait opté pour un mandataire semble-t-il non bordelais, chercherait donc en réalité à avancer rapidement, notamment compte-tenu du calendrier sportif. Les missions principales du mandataire ad hoc, fixées en accord avec le dirigeant, pourraient être en l'espèce la restructuration de la dette et la recherche active d'un repreneur dans un cadre amiable. Au regard du mur de dettes évoqué - entre 60 et 80 millions d'euros - c'est prioritairement la recherche d'un repreneur qui sera au menu des prochaines semaines.
"Dans ce cadre, il y a plusieurs possibilités. Soit, le club trouve un repreneur qui reprend le club en l'état donc rachète les titres et reprend l'ensemble des actifs et des passifs et donc la dette. Je peux me tromper mais je n'y crois pas vu la situation actuelle et le mur de la dette qui est évoqué, sauf bien évidemment à ce que les créanciers et les actionnaires travaillent de concert", détaille Alexandra Blanch."Soit, le club a pour objectif d'engager une procédure appelée, le prépack cession, qui permet d'accélérer considérablement la recherche d'un repreneur dans le but de céder cette fois uniquement les actifs dans le cadre d'un redressement judiciaire."