INTERVIEW. Si l'explosion tant attendue du marché du drone n'a toujours pas eu lieu, cette filière continue à se développer et à se structurer autour d'un triptyque technologie-demande-règlementation qui peine parfois à se coordonner. "C'est une micro-filière mais qui est extrêmement innovante", souligne François Baffou, le directeur général de Bordeaux Technowest, alors que l'UAV Show, le salon dédié aux drones, célèbre ses 10 ans du 19 au 20 octobre 2021 à Bordeaux et Saint-Hélène, en Gironde.LA TRIBUNE - Dix ans après la première édition d'UAV Show, où en est le marché du drone ? Faut-il voir le verre à moitié plein ou à moitié vide ?
François BAFFOU - Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir ! Du côté des points positifs, nous avons réussi à imposer UAV Show dans le paysage français et européen du drone. Nous avons été le premier salon à se positionner et, contrairement à d'autres, nous sommes encore là dix ans plus tard ! L'évènement progresse tranquillement mais sûrement, un peu à l'image de la filière drones dans son ensemble. Cette année nous attendons 110 exposants et 2.500 visiteurs professionnels sur trois jours.
Globalement, les drones sont une micro-filière mais qui est extrêmement innovante et qui ne cesse de progresser sur de nombreux aspects tels que la donnée et la gestion de la donnée, la miniaturisation des composants, la technologie embarquée, etc. C'est aussi une filière qui communique bien et qui a réussi à s'installer dans l'imaginaire collectif, notamment grâce son utilisation répétée dans l'audiovisuel. Donc, après une phase de fascination puis une forme d'inquiétude, on est aujourd'hui plutôt dans une phase d'acceptabilité même si cette notion doit encore progresser.
Et du côté des points négatifs ?
Malgré les prévisions très favorables des années 2000, la réalité aujourd'hui c'est qu'il s'agit encore d'une micro-filière qui pèse seulement 300 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel en France ! Et encore, la moitié de cette activité correspond à des prestations audiovisuelles. 90 % des entreprises françaises du drone font moins de 100.000 euros de chiffre d'affaires. On est donc encore au début de l'histoire ! On parlait il y a quelques années d'un marché de plusieurs milliards d'euros mais cela m'a toujours paru fantaisiste au regard notamment des enjeux règlementaires qui sont très forts et très contraignants, ce qui est tout à fait logique et normal en termes de sécurité. Cela dit, la filière drones a plutôt bien traversé le Covid, notamment grâce à ses usages en matière de surveillance, de sécurité ou encore d'agriculture mais, c'est un fait, l'évolution du business reste encore lente.
Propos recueillis par Pierre Cheminade