« Nous n'avons pas pu intervenir au stade de l'autorisation environnementale délivrée en août 2022. C'est dorénavant sur le volet urbanisme que nous nous mobilisons », assure Rémy Petit, membre du collectif Canéjan en Transition. Les opposants au surf park de Canéjan, qui regroupe également la Sepanso Gironde et Surfrider Foundation, sont bien décidés à aller au bout de la procédure pour obtenir l'abandon de ce projet de piscine à vague artificielle à 50 km des plages de l'Atlantique.
Sur le papier, l
'ensemble du projet couvrira 20.000 m2. Il prévoit la création d'une piscine à vagues composée de deux bassins de 100 et 160 mètres capables de brasser 200 à 300 surfeurs par jour ainsi qu'un bâtiment pouvant accueillir du public. Le tout pour un investissement de 20 à 30 millions, selon la SCI Paola qui porte l'infrastructure. Le permis de construire a été délivré en février 2023 et contesté en juillet par les opposants qui ont déposé
un recours en annulation du permis. Dans le cadre de cette même procédure, ils ont remis, le 10 janvier 2024 au tribunal administratif de Bordeaux de nouveaux éléments pour appuyer leur demande.
Le premier argument s'appuie sur la pollution des sols : « Le site est référencé dans la base nationale de données des sites pollués Basol qui souligne une pollution à de nombreux polluants chimiques (hydrocarbures, arsenic, chrome, cuivre, nickel, plomb, zinc). Or, la SCI Paola réutilisera une partie des terres déblayées et polluées pour aplanir le terrain en plusieurs endroits et créer une butte d'observation pour le grand bassin de surf accessible aux visiteurs », explique Florence Bougault, représentante de la Sepanso Gironde. Selon elle, l'exposition aux polluants pour les visiteurs et le personnel est susceptible de justifier l'annulation d'une autorisation d'urbanisme.