Vers un pic historique de liquidations judiciaires à Bordeaux

Pierre Cheminade
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Jamais le port de la Lune n'a connu autant d'ouverture de procédures collectives qu'en 2024.
Agence APPA

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Jamais le port de la Lune n'a connu autant d'ouverture de procédures collectives qu'en 2024.
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À Bordeaux, les couloirs du tribunal de commerce n'ont jamais été aussi animés. La 3e chambre ouverte par la juridiction en 2021 fonctionne désormais à plein régime comme les deux autres. Les chefs d'entreprise se succèdent en effet pour solliciter l'ouverture d'une procédure collective de sauvegarde, de redressement ou de liquidation. Le constat est aussi cinglant qu'inquiétant pour l'économie girondine : 1.171 procédures collectives ont été ouvertes du 1er janvier au 31 août 2024 au tribunal de commerce de Bordeaux, soit un bond de 36 % par rapport à la même période l'an dernier ! « Historiquement, nous n'avons jamais dépassé les 1.400 procédures collectives par an. Or, si on se projette sur l'ensemble de l'année 2024, on devrait atteindre entre 1.800 et 1.850 procédures à Bordeaux... C'est du jamais vu, on se dirige vers l'année la plus chargée de notre histoire », s'alarme Marc Salaun, le président du tribunal, qui a pourtant plutôt l'habitude de se montrer rassurant sur la conjoncture économique girondine. Cela représente au total plus de 3.700 salariés.
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Il faut dire que même pour les optimistes, il est objectivement compliqué de se réjouir de la conjoncture économique actuelle et des mois à venir. Certes l'inflation ralentit désormais nettement et les taux d'intérêt ont amorcé une légère baisse, « il est aujourd'hui difficile d'identifier des signaux encourageants si ce n'est une forme de flou politique qui dure », pointe Marc Salaun. « La météo n'est pas au beau fixe, l'automne est morose, c'est certain. On est dans un bas de cycle économique même si la fin de l'inflation est une bonne nouvelle avec une prévision de 2,5 % en 2024 contre 5,7 % en 2023 », confirme Marie-Agnès de Montbrun, la directrice régionale de la Banque de France. Dans sa dernière enquête réalisée il y a moins d'un mois, l'institution décrit « un ralentissement d'activité plus marqué qu'anticipé » en Nouvelle-Aquitaine.
Pierre Cheminade
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