Mobilités : les patrons girondins réclament un comité des financeurs
Hélène Lerivrain
Trois organisations patronales - Medef, CPME et U2P - et 14 fédérations professionnelles girondins demandent la création d'un comité des financeurs de la mobilité.
HL / LT
La mobilité reste un gros point noir de la métropole bordelaise : c'est en substance ce qu'ont déclaré les trois organisations patronales interprofessionnelles (Medef, CPME, U2P) et une quinzaine de fédérations professionnelles de Gironde. Face à une probable hausse de la fiscalité, elles demandent la création d'un comité des financeurs de la mobilité.
« Entre le tramway, le RER métropolitain, le bus express, il y a eu de belles réussites en matière de mobilité. Mais la circulation reste très difficile à Bordeaux. Beaucoup de sujets ont été abandonnés ou sont attaqués », avance d'emblée Mathias Saura, le président du Medef Gironde. Et de citer en particulier l'hypothétique contournement autoroutier de Bordeaux ou encore le projet de métro. « La rocade est malade au stade de l'AVC et on ne la soigne pas ! La 2 X 3 voies dont les travaux sont terminés depuis fin 2022 est déjà saturée avec 20.000 camions par jour », ajoute Eric Ozoux, représentant U2P Gironde.
Le tableau dépeint ce jeudi 14 novembre à Bordeaux par les trois organisations patronales - Medef, CPME et U2P - et quatorze fédérations professionnelles est sombre. Alors qu'elles sont réunies depuis trois ans dans un groupe de travail sur la mobilité, le constat est sévère : « Les dossiers n'avancent pas, nos revendications restent lettre morte ! », affirme Pierre Goguet, président de CT Mobilités. Un tableau auquel il faut désormais ajouter, dans le cadre du projet de loi de finances 2025, la possible augmentation du versement mobilité. Cette contribution concerne les entreprises d'au moins onze salariés.
« Le versement mobilité représente au niveau de la métropole bordelaise 223 millions d'euros de budget par an, soit une hausse de 30 % depuis 2015. À cela il faut ajouter 7 millions d'euros avec son élargissement au département depuis janvier 2024 dans le cadre du versement mobilité additionnel », chiffre Mathias Saura. « Malgré tout, il est question d'une hausse de 0,5 % ce qui représenterait 54 millions de plus au niveau de la métropole. 5.200 établissements pour 260.000 collaborateurs sont aujourd'hui concernés, soit un coût moyen de 35.000 euros par établissement par an et 640 euros par collaborateur »
« C'est une contribution, et non une taxe », rappelle-t-il. Mais pour quelle contrepartie ? s'interrogent des participants. « Mon entreprise est située dans un quartier de Bègles où il n'y a ni tram ni bus », témoigne Thibault Izaret, président de l'Union TLF. Face à « ce non retour » et au regard du poids économique des entreprises dans le financement de la mobilité, les 17 organisations demandent la création d'un comité des financeurs de la mobilité, une nouvelle instance qui associerait les entreprises locales aux décisions stratégiques et de financements, à proportion du financement qu'elles apportent.
« Il réunirait la préfecture, les présidents des autorités organisatrices de la mobilité, les organisations patronales, les fédérations des usagers pour discuter des meilleures solutions », précise Mathias Saura. « Un comité des partenaires existe déjà. Il est constitué de 80 personnes dont une trentaine de maires, une trentaine de personnes tirées au sort et dix représentants d'établissement publics et privés. La voix des entreprises qui financent est totalement diluée. »
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« Le but n'est pas d'être dogmatique sur un moyen de transport plutôt qu'un autre. Beaucoup d'études ont été faites. Il faut désormais rentrer en discussion pour déterminer les meilleurs sujets à prendre en main dès maintenant », insiste le président du Medef girondin. Car les problèmes de mobilités ont un impact sur le recrutement. L'accessibilité est un critère décisif dans le choix d'implantation des entreprises, insistent-ils. « Une récente communication de la CCI a révélé que 30 % des dépôts de bilans concernaient des commerçants, 15 % des restaurants. Par ailleurs, entre 2019 et 2023, le nombre de chalands venant de l'extérieur de Bordeaux a été divisé par deux », rappelle encore Georges Simon, président de Bordeaux Mon commerce.