EXCLUSIF. Lâchée par Nestlé il y a 6 mois, Valbiotis s'est réorganisée en profondeur. La PME rochelaise, cotée en Bourse, vise désormais d'importants objectifs commerciaux sur le marché des compléments alimentaires.Comment faire quand un partenaire de la dimension de Nestlé vous lâche du jour au lendemain ? C'est à cette épineuse question que Valbiotis a dû répondre l'an dernier après la rupture de son partenariat scellé en 2020 avec le géant suisse pour son complément alimentaire Totum 63 contre le pré-diabète et diabète de type 2. « Tout s'est joué très vite, cela a été violent en entraînant une baisse de nos revenus, la perte de 80% de notre capitalisation boursière et une réorganisation interne », explique Sébastien Peltier le CEO.
L'entreprise rochelaise a été contrainte de reprendre en main l'intégralité de son destin, après ce revirement lié à des réorganisations internes à Nestlé. Et la sanction du marché reste durable, puisque le cours de Bourse sur Euronext qui était autour de 4 euros il y a un an est tombé à un euro mi-2024, avant de se stabiliser actuellement autour de 1,5 euro.
Des effectifs largement retouchés
Valbiotis n'a pas eu d'autre choix que de se repositionner en accéléré. L'entreprise a réduit ses coûts opérationnels de 30%, en fermant son site de R&D à Riom (Puy-de-Dôme) et en signant une rupture conventionnelle collective pour ramener ses effectifs de 62 à 45 salariés. « La R&D pesait 46% de nos effectifs en 2023, ce n'est plus que 5% », appuie Sébastien Peltier qui, à l'inverse, a musclé sa force de vente. « En six mois, nous sommes devenus une société commerciale multicanale capable de piloter notre chaîne d'approvisionnement, de vendre nos produits et de conserver la marge. »
Il est donc l'heure pour la PME d'abattre ses cartes et d'afficher ses ambitions pour rassurer le marché. « Au regard de nos résultats commerciaux de la fin 2024, nous visons, sur le marché français, un chiffre d'affaires d'au moins 25 millions d'euros en 2027 pour un Ebitda positif », assure Sébastien Peltier, visant même « 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2030 ». En comparaison, la PME rochelaise n'a généré que 175.000 euros de CA (non audité) en 2024, alors qu'elle débutait toute juste la commercialisation de ses produits.