Les salariés d’Herakles vont perdre jusqu’à 2,5 mois de salaire

Jean-Phililppe Dejean

Jean-Phililppe Dejean
Jusqu'à sa disparition, au 1er janvier 2016, Herakles restera la plus importante filiale de Safran à fusionner avec Airbus Defence and Space (DS-Défense et Espace) dans le cadre de la coentreprise Airbus Safran Launchers. Numéro deux mondial du propergol solide, Herakles emploie 3.300 salariés, dont 2.200 en Gironde, et la fusion devrait concerner plus de 3.000 d'entre eux. Favorable à la création de cette coentreprise, contrairement aux autres syndicats d'Herakles, la CFE-CGC vient pourtant de s'apercevoir d'un détail inquiétant.
Favorable à la fusion, la CFE-CGC vient ainsi de buter sur un obstacle caché dans les détails. Un choc culturel qu'avaient dû anticiper un tant soit peu les syndicalistes. "La question centrale de cette coentreprise c'est la rémunération, à Safran c'est plus collectif, à Airbus c'est plus individualisé" résume Philippe Gery. Les représentants de la CFE-CGC ont ensuite rencontré le directeur des ressources humaines d'AirbuSafran Launchers. "Nous n'avons parlé que de ça pendant toute une matinée. Le dossier est sur la table mais ils manquent d'arguments pour nous expliquer que notre rémunération va baisser." Pas question pour la CFE-CGC d'accepter la situation telle qu'elle se présente. Tout coup de rabot sur la participation et l'intéressement devra trouver sa contrepartie, estime ainsi le syndicaliste. Une sorte de plan B, qui pourrait passer par une réévaluation du salaire mensuel. "Nous ne demandons pas à gagner plus, mais nous refusons de gagner moins", recadre Philippe Gery. Si des tracts ont été distribués ce mardi matin à l'ensemble du personnel au siège d'Herakles, l'heure de la mobilisation n'est pas encore venue. "La direction a jusqu'à la mi-juillet pour nous faire une réponse. Passé ce délai, nous pourrons commencer à mobiliser", précise Philippe Gery. La CFE-CGC a levé le lièvre de cette perte de rémunération et les autres syndicats d'Herakles (CGT, CFDT, SUD) ne devraient pas y être insensibles.
Jean-Phililppe Dejean