Immobilier d’entreprise : avec Aire, Bordeaux Métropole fait de la place pour les artisans et les PME
Jean-Philippe Déjean

Faute de mesures adaptées, les ateliers et les PME vont finir par quitter la Métropole.
Rémi Benoit
Jean-Philippe Déjean

Faute de mesures adaptées, les ateliers et les PME vont finir par quitter la Métropole.
Rémi Benoit
Architectes, représentants de bureaux d'études, promoteurs immobiliers, mais aussi maires de communes métropolitaines se sont pressés hier mercredi 3 juillet au siège de Bordeaux Métropole pour suivre la présentation du deuxième appel à manifestation d'intérêt du programme métropolitain Aménager, innover, redessiner, entreprendre (Aire).
Une initiative d'autant plus originale qu'Aire (lancé pour la première fois en 2017) propose dix sites répartis dans huit villes de la Métropole représentant 14 hectares de foncier (chiffre corroboré par les services de la Métropole - NDLR) pour des programmes uniquement ciblés sur l'immobilier d'entreprise. Beaucoup de ces programmes sont d'une taille inférieure à 10.000 m2 (1 hectare) et les élus qui ont présenté le projet ont insisté sur cette taille modeste des opérations. L'objectif étant de proposer des opérations accessibles aux artisans et dirigeants de très petites et moyennes entreprises en conciliant qualité des constructions et prix bas.
"Il est important que les programmes d'Aire 2 soient dispersés dans la Métropole pour veiller à l'équilibre territorial. Il ne faut pas que ce soit une opération qui vampirise les autres" a résumé Nicolas Florian, maire (LR) de Bordeaux et vice-président de Bordeaux Métropole, avant de préciser que, dans cette perspective, les acteurs du marché intéressés par Aire 2 devront se rapprocher des maires, pour créer "un alliage d'objectifs" et aller vers une forme de "partenariat public-privé".
Le maire de Bordeaux a souligné que pour réussir à décrocher l'un des dix programmes proposés, les groupements en lice auront l'obligation de présenter des projets qualitatifs, innovants, avec une logique d'entreprise pérenne.
"Nous sommes en plein déroulement d'Aire 1. Un peu plus de la moitié des permis de construire ont été déposés et les sites sont en commercialisation. Nous devons nous nourrir de ces premières expériences pour Aire 2" a recadré de son côté Christine Bost, maire (PS) d'Eysines, vice-présidente de la Métropole en charge des zones d'attractivité de proximité, de l'économie sociale et solidaire, du commerce et de l'artisanat, et 1re vice-présidente du Conseil départemental de la Gironde.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

L'élue a elle aussi souligné qu'il fallait veiller à l'équilibre entre les territoires et s'est félicité de la présence de maires de la rive droite à cette présentation.
Egalement présent à cette présentation, le patron de l'urbanisme métropolitain, Jacques Mangon, maire (centriste) de Saint-Médard-en-Jalles, vice-président de Bordeaux Métropole en charge de l'urbanisme réglementaire et de la stratégie foncière, s'est livré à une petite critique de la philosophie macroniste qui, rappelons-le, en plus des "premiers de cordée", comprend un autre chapitre métaphorique consacré au "ruissellement". Concept qui décrit une forme d'écoulement quasi naturel de la richesse : des plus riches (haut de la pyramide) vers les plus démunis (en bas).
La présidente de la Chambre de métiers et de l'artisanat (CMA) de la Gironde, Nicole Laporte a rappelé que l'artisanat représente 17.000 établissements dans le département, 21.000 artisans et 38.000 actifs.
Jacques Faurens, pour la CCIBG, a relevé que dans CCI il y a commerce et industrie et qu'il tenait à bien mettre en évidence les partenariats économiques noués par la Chambre avec la Métropole et le Département. Sans oublier l'engagement de la CCIBG dans le domaine de l'immobilier via ses participations au Mipim (Marché international des professionnels de l'immobilier), à Cannes.
"Nous en sommes partenaires depuis des années et nous y présentons à chaque fois les opportunités qui existent à Bordeaux" a souligné Jacques Faurens.
Comme l'a relevé avec humour Jérôme Goze, directeur général délégué de La Fab (La Fabrique de Bordeaux Métropole), société publique locale dont le PDG est Jacques Mangon, et qui est le bras armé de la politique urbaine de Bordeaux Métropole, "100 % des lauréats se sont inscrits". Il a conseillé aux groupements intéressés par Aire 2 de miser sur l'audace urbaine et architecturale dans le respect absolu des terroirs, en se demandant toujours "Est-ce utilisable, pratique ?", sans perdre de vue l'obligation de maîtrise économique, avec "des prix très bas, largement inférieurs à ceux du marché".
À lire également
Les groupements qui veulent se présenter devront préparer leur candidature (modalités détaillées à l'adresse www.aire.bordeaux-metropole.fr) à compter de ce mois-ci avant de les formaliser en septembre prochain. D'ici décembre 2019 trois équipes seront ainsi retenues pour chacun des dix sites en vue de la deuxième partie du programme, qui s'achèvera avec la désignation des lauréats (une équipe par site) en décembre 2020.
Jean-Philippe Déjean